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14/06/2009

L'évènement !

Oui, un évènement ! Depuis la création de mon blog photo :

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/

je n'avais pas ouvert ici de nouvel album.

Je viens de le faire pour décrire l'élaboration de la toile que j'ai créée pour une exposition de groupe dont le thème était : "la Fée Electricité". Je vous engage donc à le visionner, en haut et à droite de cette page, sous ce titre "La Fée Electricité".

J'ai voulu y décrire l'arrivée de l'électricité dans les foyers ruraux dans les années trente. Une famille, sous l'unique lampe, est regroupée  et profite de ce moment de calme avant le coucher : la veillée.

Trois générations sont présentes, comme dans le jeu des 7 familles...La grand-mère, bien voûtée sous sa pélerine, que fait-elle ? Probablement un peu de ravaudage ou de tricot. La mère tricote aussi. La fille et le garçon lisent ou apprennent leurs leçons. Et les hommes, casquettes vissées sur le crâne, se sont encore versé un verre de vin. Le pépé lit le journal, et le père, fatigué par sa journée de travail, se repose.

J'ai pris beaucoup de plaisir à élaborer ce tableau. Avec un gout d'enfance et de vie paisible dans le coeur.

J'espère qu'il vous plaira aussi !

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14/03/2008

Le projet (2)

Levons le suspense : j’avais envie de faire une série sur les joueurs de cartes.
Je fais donc trois tableaux sur ce thème. Mon but, c’est de recréer trois scènes de vie montrant des joueurs de cartes, en tentant d’exprimer ce qui fait la caractéristique de ces jeux, et des joueurs qui s’y adonnent.

Le bridge

Le premier tableau décrira le bridge. C’est un jeu qui n’intéresse guère les jeunes. Ce sont des gens mûrs ou âgés qui pratiquent cette activité. Ils sont tranquilles, méthodiques, sérieux, organisés. Ce sont des gens à principes, calculateurs et réfléchis.
J’ébauche en quelques traits l’emplacement des visages des protagonistes sur un rectangle à l’échelle de la toile. Il faut qu’on les voie bien, de face ou de profil mais pas de dos. Ce n’est pas si simple. Ils sont quatre, et l’un d’entre eux doit être « le mort », c’est à dire celui qui pose ses cartes retournées sur la table, laissant son partenaire en disposer pour remplir leur « contrat ».
Une fois la place des personnages déterminée, je cherche dans ma "collection de visages".
Ce sont des photos découpées au hasard de mes feuilletages de magazines, remarquées pour leur expression qui pourra me servir de guide dans la construction du visage des mes personnages.
Lorsque j’ai mes personnages, je commence à les dessiner sur la toile. Mon dessin amplifie l’expression choisie, c’est un peu de la caricature. J’agrémente arbitrairement de chevelure ou de calvitie ces physionomies. Lorsque j’ai les visages, je dessine les corps. J’ai une bonne expérience des attitudes, grâce à mes travaux assidus en dessins devant modèles vivants. Je place aussi les mains. La ronde des mains accompagne celle des visages…Elle contribue à accentuer le mouvement, la vie.

Je procède donc ainsi pour mes bridgeurs, et j’ai des surprises, les personnages que je crée ne m’obéissent plus.
Je voulais des gens calmes, mais l’un d’entre eux est en colère. Son visage se tord, il est contrarié par son partenaire.

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Et celui-ci, décontenancé, fait le gros dos sous l’orage. J’ai beau essayer avec mes pinceaux de calmer le jeu, rien à faire ! La sérénité ne veut pas venir sur ce visage que malgré moi j’enflamme encore plus…
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Les adversaires de ce personnage sanguin réagissent eux aussi à leur façon. La dame à droite, placide, ne se laisse pas distraire et calcule son « contrat » avec concentration, pendant qu’en face d’elle le « mort », surpris et un peu hors du coup, observe.

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De plus, je comptais utiliser des couleurs assez neutres, des gris bleus, des ocres fanés, en harmonie avec des personnes placides, mais on ne se refait pas…Je constate que ces couleurs sont trop fades pour des personnages somme toute assez fortement caricaturés. Alors je réhausse. L’ocre se fait plus jaune indien, le bleu n’en est que mieux mis en valeur.
Vous allez penser que je fais du roman, mais je vous assure que c’est la vérité. Les romanciers disent parfois que leurs personnages leur échappent et que leur récit va dans des directions imprévues. Je comprends tout à fait cela, car pour moi en peinture c’est pareil. Mes personnages ne m’obéissent pas forcément.
Mais au final les choses prennent leur place, et, résignée à subir la fantaisie de mes créatures, je m’efforce au moins de donner à la scène l’ambiance « vieille France » que je projetais pour ces joueurs de bridge.

Pour voir le tableau terminé, cliquez sur ce lien :
http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2008/03/02...

23/10/2007

Pour voir encore plus d'oeuvres

Si vous voulez voir davantage de mes oeuvres, allez visiter mon photoblog :

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/

J'ai trois catégories : nus, portraits, scènes de vie.

Et pensez à me laisser un petit commentaire ! Merci et bonne visite !

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21/08/2007

Vide-grenier et vide-atelier d’artiste.

Dimanche je suis allée participer au vide-grenier organisé par une association d’artistes à laquelle j’appartiens. Conjointement à ce vide-grenier banal, une rue était consacrée aux artistes qui pouvaient vendre leurs fonds d’ateliers.

Comme je ne suis pas très commerçante et pas très courageuse, je n’avais nulle envie de déménager mon atelier jusque sur un trottoir de village, car alors il aurait fallu arriver très tôt pour avoir un bon emplacement, et surtout la possiblité d’approcher la voiture. En effet, à huit heures la circulation devient interdite dans les rues concernées.
Et moi, à huit heures, je dors encore à poings fermés…

Alors j’avais préparé deux petits cartons à dessins. L’un contenait des croquis à l’encre de Chine genre :

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Ou à la sépia comme ça :

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L’autre abritait des encres aquarellées diverses : scènes d’atelier, scènes de village, ou scènes d’Afrique.

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Je suis arrivée tranquillou à neuf heures et demie, mes papiers sous le bras, et un petit pliant pour pouvoir m’asseoir…on aime son confort, tout de même !

Je cherchais des yeux quelque copine pour m’installer près d’elle, et j’en ai trouvé deux, des courageuses arrivées de bonne heure avec leurs voitures chargées de toutes sortes de leurs productions : statues, tableaux, cartons débordants d’aquarelles, de sanguines, de fusains… Elles m’ont accueillie joyeusement et m’ont fait une petite place auprès d’elles. J’ai étalé à même le sol mes cartons ouverts sur mes petits papiers. La belle Malou, super organisée m’a offert un café bien chaud de sa thermos, avec un petit sucre, j’étais gâtée aux petits oignons.
Le public défilait dans la rue qui finissait en impasse, ce qui fait qu’ils passaient deux fois devant notre étalage. Certains n’allaient pas si loin : ils jetaient un coup d’œil de loin et disaient : « Là ce n’est pas la peine d’y aller, il n’y a rien ! ». Sympa…

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Quand même, certains s’intéressaient, se penchaient, feuilletaient, posaient même des questions. Parfois ils voulaient, évidemment, ce que je n’avais pas : « Vous n’avez pas de dessins de nus d’hommes ? » Ben non, je n’en avais pas. Les modèles hommes sont rares, j’ai peu de dessins de ce type, et puis je n’avais pas pensé à en prendre…
Une dame était tombée en arrêt devant un de mes croquis, mais hésitait car sa fille lui tirait le T-shirt « Non maman, n’achète pas ça, elle n’est pas habillée, la dame ! ». Elle a reposé le dessin, visiblement déçue, mais n’osant sans doute pas contrarier la gamine…Et hop ! le dessin a été récupéré par une femme que je connais et avec qui je bavardais, et qui s’est empressée de le saisir et l’a acquis et emporté avec un plaisir…qui m’a fait grand plaisir…

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Finalement la matinée est vite passée à discuter avec les voisins et voisines de trottoir. On a mangé sur place et j’ai dépensé presque tout le billet gagné avec mon dessin pour payer le chich kebab, excellent d’ailleurs, dont je me suis gavée (c’est une nourriture roborative à laquelle je ne suis pas habituée, mais c’était bon !).
Au début de l’après-midi, le temps très agréable jusque-là a commencé à fraîchir et à se couvrir dangereusement. Les filles m’ont gardé mes dessins pendant que j’allais faire un tour dans les rues pour voir si je ne trouverais pas quelques trucs à chiner.

C’est fou ce que les gens ont comme cochonneries chez eux…
Etalés sur des couvertures, il y a bien sûr des vieux livres, des CD à l’état douteux, des vêtements usagés très défraîchis, mais aussi des myriades de petits objets très moches, des chromos, des pichets miniature, des collections de porte-clés, des porte-photos kitsch, des vases ébréchés, des vieilles cafetières…
Je regardais si quelque vendeur n’avait pas des restes d’un vieux stock soldé et re-soldé de maquillages bon marché qui enrichiraient ma collection ( je peins parfois avec des cosmétiques, leurs couleurs me fascinent…), mais finalement ils avaient tous le même genre de vieilleries incroyables sorties du fin fond des greniers des années cinquante…

Ça en devenait effrayant, cauchemardesque, délirant. Tout au long des rues du villages s’étalaient les mêmes couvertures douteuses recouvertes des mêmes objets disposés en rangs d’oignons, les vieux couverts dépareillés, les cartons remplis de livres dépenaillés, les tas de vêtements grisâtres, les lainages feutrés, les coussins aux couleurs improbables, les petits meubles boiteux, les fers forgés un peu rouillés, les tiroirs remplis de pin’s ou de mini-jouets, les montagnes de peluches pisseuses…
Et je pensais que les super-marchés regorgent d’objets neufs et pimpants made in China qui n’ont pas d’attraits pour les amateurs de ces étalages foisonnants des vide-grenier.

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Et je distinguais les vrais écumeurs de vide-greniers, l’œil expert, qui traînaient encore parmi les emplacements, à la recherche de la dernière bonne affaire oubliée par les lève-tôt, ceux qui étaient déjà partis avec leur butin avant même que je n’arrive… Ils ont une dégaine spéciale. Les hommes moustachus, la bedaine ceinturée, les mains potelées et fouineuses soulevant les objets et les reposant d’un air indifférent. Les femmes en jupe de skaï serrée ou en pantalon moulant, le petit top boudiné, le mollet musclé, la joue molle, l’œil petit et vif, le regard acéré…

Je ne me sentais pas du tout à ma place dans ce ballet infernal, exactement comme je ne me sentais pas à ma place à venir vendre ( vendre ? ne pas vendre, plutôt !) mes dessins - un peu de moi-même - sur ce marché de vieilleries, d’objets de rebut dont pas un chiffonnier d’Emmaüs ne voudrait…

J’avais froid ( en août !).
Je suis retournée près de mes copines, j’ai rangé mes trésors dans mes cartons, j’ai fait la bise à la ronde et je suis partie.

J’avais regagné ma voiture et je filais vers ma maison quand la pluie s’est mise à tomber… Le lendemain, une de mes copines de « vide-atelier » m’a décrit le sauve-qui-peut général sous l’averse après mon départ, me disant que j’étais partie au bon moment…

L’année prochaine, si j’y retourne, je n’emporterai surtout pas de dessins ou de peintures qui concernent mon affectif, mais que du matériel dont je ne me sers plus, des vieux pinceaux, des tubes de gouache, des crayons inutiles… et des vieilleries à dégager : petites aquarelles merdiques de mes débuts, statues loupées à brader.
Je me ferai plein de sous !!!