08.05.2008

Star portrait

Voici un moment que je ne suis venue publier sur ce blog !
Je suis étonnée toujours de voir un nombre assez régulier de visiteurs passer voir ce blog, et de constater qu’il s’y laisse un nombre de commentaires si restreint.

Je voulais vous parler d’une série d’émissions que j’ai découverte par hasard, un dimanche et dont j’ai regardé trois opus.
Cette émission s’appelle « star-portraits ». Le principe est intéressant. Il est très bien décrit dans ce post :

http://www.ciao.fr/Star_Portrait_France_5__Avis_1120366

Regardez bien toute la page.

En tant qu’artiste pratiquant le portrait devant modèle vivant, je peux ajouter à ce descriptif enthousiaste quelques réflexions personnelles.

J’ai eu trop l’impression que la plupart des artistes peintres choisis pour faire le portrait de la « star » laissaient passer le temps de pose, pourtant long (trois heures au total) sans s’investir vraiment sur leur tableau. J’avais chaque fois une sorte de frustration de les voir patiner sans avancer. Il me semblait que, sachant qu’on allait les laisser prendre des photos en fin de séance, ils comptaient trop sur ces photos pour finaliser l’œuvre dans l’intimité de leur atelier.
Alors que moi qui pratique cet exercice chaque semaine devant un modèle vivant, je m’acharne à utiliser chaque seconde du temps de pose pour construire, mettre bien en place, affermir, affiner mon travail, et que je ne suis jamais si contente que lorsque le portrait est pratiquement terminé à la fin de la séance ! (qui ne dure que deux heures et quart....)

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Portrait de Kiwi

Plusieurs de ces peintres n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils ne travaillaient pratiquement jamais devant un modèle vivant, et se servaient de photos pour créer leurs toiles.

Et je trouve ça très dommage. Une seule artiste semblait rompue à l’exercice, c’était Magali Cazot :

http://www.magalicazot.com/galerie/index.php?cat=1

Le portrait qu’elle a fait de Bruno Solo n’était, à mon avis, pas très convaincant, mais au moins elle n’a pas repris une toile neuve pour travailler à partir d’une de ses photos, comme l’ont fait les autres peintres de cette même séance. Elle a poursuivi dans son atelier le tableau-même qu’elle avait entrepris en présence du modèle.

Evidemment, cela se discute. Puisque la photo existe…Les plus grands ont utilisé ce support comme point de départ d’une œuvre.

Mais enfin j’ai la faiblesse de penser que rien ne vaut la présence d’un modèle vivant, qui bouge, dont les traits se creusent et se révèlent au cours de la séance. Peindre d’après une photo ne me paraît pas aussi passionnant, pas aussi vibrant. Surtout si l’exercice consiste à faire une copie-conforme de cette photo.

Dans le fond, tous les vendredis, je le fais mon star-portrait, même si les modèles que je peins ne sont pas des célébrités !

11.02.2008

Le projet (1)

Il y a deux ans j’ai commencé à penser à ce projet.
Un projet bien modeste : une série de trois toiles sur le même thème.

Je ne vous dirais rien de ce thème, je veux garder le mystère, car lorsque j’exposerai le résultat de ce challenge, je veux que ce soit une surprise complète. Or, j’ai des amis qui viennent de temps à autre faire un tour sur ce blog (merci à eux).

Mais exactement comme il y a loin de la coupe aux lèvres, de l’idée en germe à sa réalisation il y a tout un cheminement pour l’aboutissement d’un tel projet.

C’est un travail très différent de celui du portrait devant modèle vivant, pour lequel je suis immédiatement dans la réalisation.

Le portrait en atelier « modèle vivant »
J’apporte une toile dans le dessein de faire un portrait, et ce travail-là doit être exécuté en deux heures et demie : j’ai le sujet devant moi et je copie ce que je vois.

Je vois une personne immobile qui attend de moi que je profite de cette immobilité pour donner mon interprétation des traits de son visage.
Le résultat doit être un tableau, une peinture, une œuvre d’art, quoi !
Il doit être intéressant, agréable à l’oeil, et la ressemblance, cerise sur le gâteau, est souhaitable, tout de même !

Je fais d’abord un dessin succinct mais précis qui me servira de base de travail.
Puis j’ôte mes lunettes.
Pourquoi ? parce que je suis myope, et que quand je n’ai pas mes lunettes je ne vois pas les détails du sujet. Alors je pose en toute liberté sur le dessin préparatoire les taches de couleurs que je vois sur ce visage, sur ce corps. J’obtiens ainsi, après le canevas du trait, le canevas des volumes.
Ensuite je remets mes lunettes et je reconstruis en un tout ce puzzle de couleurs. C’est alors que commence la vraie bagarre avec le portrait. Le modèle commence à fatiguer, ses traits s’affaissent, il bouge un peu, imperceptiblement (ou quelquefois davantage …), les lumières changent de place sur son front, ses pommettes, ses joues. Et j’essaie de capter au passage celles qui accentueront les caractéristiques de ce visage, qui révèleront le muscle sous la peau, le rictus léger et habituel, le mystère du regard, et avec un peu de chance le sourire qui naît parfois sur ces traits théoriquement figés…

http://amande-douce.blogspirit.com/archive/2006/03/08/le-...

C’est un moment délicat que j’adore. Il reste une demi-heure de pose, vingt minutes, dix minutes…le temps s’accélère, et c’est là que la magie opère ou que je me plante. C’est là que tout est prêt, posé, en place, et que les quelques dernières touches vont donner vie au portrait ou le détruire lamentablement.
Je ne suis pas stressée, je suis hyper concentrée. Autour de moi les autres peintres commencent à s’agiter, à ranger leurs affaires, à bavarder à mi-voix en nettoyant leurs pinceaux. Moi je travaille jusqu’à la « dernière minute » annoncée par le « chef » d’atelier.
La dernière minute : la plus dure pour le modèle, et la plus difficile pour moi car les jeux sont faits…

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Mais lorsqu’il s’agit d’un projet personnel, sans modèle vivant, c’est tellement plus long !
Deux ans que je pense à ça, que je collectionne les éléments à rassembler, que j’ébauche des compositions sur le carnet de croquis.
Deux ans que j’hésite à me lancer dans la réalisation, que je me trouve de bonne raisons de ne pas commencer, parce que « je n’aurai pas le temps », ou parce que « je ne me sens pas prête »

Et là j’ai commencé, je me suis jetée à l’eau. Trois toiles 20 F, trois groupes de personnages, trois ambiances, un fil conducteur… et une échéance : l’expo de fin février…

Je vous en dis plus la prochaine fois, promis !