Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/02/2009

Une Fée

En septembre je publiais un article à propos de Coco, belle artiste, qui avait quitté cette terre.

Hélas, une autre Corinne, qui elle aussi signait parfois ses mails « Coco », vient de partir pour le même voyage.
Rupture d’anévrisme.

Rupture brutale du lien qui unissait cette jeune femme de 47 ans aux nombreux artistes d’ici pour qui elle était un vrai rayon de soleil.
Elle organisait des expositions à thèmes, dans un lieu particulièrement apprécié, pour le compte de la municipalité qui l’employait.
Mais ce n’était pas qu’une employée de Mairie consciencieuse. Active, créative, jamais lasse de mettre en valeur les œuvres qu’on lui confiait, elle alliait l’efficacité de la fourmi à la fantaisie de la cigale.

Elle m’accueillait toujours avec le même sourire, le même bisou chaleureux, comme elle le faisait avec tous ceux qui participaient à « ses » expositions.
Elle donnait à tous son numéro de portable et n’était jamais sur répondeur, disponible à n’importe quel moment pour répondre inlassablement aux questions qu’on lui posait : les dates, les affiches, les invitations, les prochains thèmes…

Depuis quelques années elle s’était mise à créer elle aussi des œuvres, des petites sculptures formées de fils de fer de récupération. Joyeuses, originales, écolos, inattendues…j’aimais beaucoup.
Les vernissages des expositions dont elle était le maître d’œuvre attiraient toujours beaucoup de visiteurs. Des animations musicales s’ajoutaient aux œuvres plastiques, des musiciens toujours différents, colorés, joyeux, comme elle.
Corinne était une fée.

C’était aussi une femme, une mère. Elle manquera à sa famille.
Mais aussi à tous les artistes qui se sont pressés, nombreux, dans la foule de ceux qui étaient venus assister lundi matin à son départ pour l’ultime demeure.

Je voulais, ici, lui rendre hommage.


21:50 Publié dans En aparté... | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : art, artiste

09/07/2008

L’esclavage moderne

Une association organise à la rentrée une exposition sur l’esclavage moderne, pour commémorer les faits d’esclavage. Et pour donner à sa manifestation un côté actuel, elle a ajouté l’adjectif « moderne ». Ils m’ont invitée à participer.

f6bf4ca645b82a86c7013ac7560adf04.jpg


Je réfléchis depuis quelques jours à ce que je pourrais mettre en scène pour illustrer "l'esclavage moderne".

Et voilà qu'en allant faire quelques emplettes chez mon marchand de couleur préféré (il n’y a guère que pour ça que je vais en ville…), et alors que je viens de garer ma voiture, je suis légèrement bousculée sur le trottoir par un grand gaillard d’une vingtaine d’années.
La tête baissée, un écouteur dernier cri vissé à l’oreille, il parle à voix haute dans le micro fixé à son t-shirt. « Mais non, tu comprends, avec Greg on a décidé… Mais non, je te dis, c’est pas possible ! Ecoute, je ne peux pas, là. Je te rappelle ! » Il ne m’a pas demandé pardon, il ne m’a même pas vue.

Quelques pas plus loin, je croise une jeune femme, le portable tenu à l’oreille, qui fait profiter tous les passants de sa conversation animée avec sa mère. « Maman, je t’ai déjà dit que je ne pouvais pas demain, Stéphanie a son cours de danse, Benoît va chez le dentiste, et j’ai un emploi du temps de fou pour les emmener, les ramener, comme tous les mercredis, quoi ! Ecoute, maman, je te rappelle ! »

J’arrive à la boutique. Feutrée, climatisée, ambiance cool. Je flâne devant les promotions de chassis entoilés et de boites de peintures assorties. Tout d’un coup près de moi, un grelot insistant. Une cliente bafouille un vague « excusez-moi » au vendeur qui la sert, et se lance dans un dialogue dont nous n’avons qu’une réplique sur deux, une passionnante histoire de barbecue raté chez Caroline ( ?) « Il faut que je te laisse, je suis chez « Carmin d’Alizarine ». Je te rappelle ».

4894ec6cb92a14aeac0694d6534cf2b0.jpg


Partout, cette peste sévit. A l’atelier, en début de séance, consigne est donnée : « coupez les portables ! » Mais à chaque fois au moins un des participants « oublie ». Et au milieu de la concentration artistique des peintres, la Lettre à Elise, le chant du coq (mais si !) ou Pink Martini (Je ne veux pas travailler !) retentit, incongru, et la confusion du coupable, le traditionnel « excusez-moi », la fuite précipitée dans le couloir, font lever une volée de protestations mi-agacées, mi-rieuses pendant que le directeur goguenarde « champagne ! » ou menace « la prochaine fois c’est le seau d’eau ! ».

Et au super-marché ? Dans tous les rayons je vois les chalands, leur bidule à l’oreille, qui discutent sur l’opportunité de prendre le camembert en promotion ou de préférer la marque habituelle…Pffff !!!!!

Je n’ai pas de portable. Je ne VEUX pas de portable.

N’est-ce pas cela, l’esclavage moderne ?

Mais franchement, je ne me vois pas peindre mon grand jeune homme, la jeune femme surbookée ou la copine de Caroline.
Je crois que je vais laisser tomber.

25/12/2007

Bonnes fêtes

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël et une bonne fin d'année !

c710ca5632407ef86ecb8486d99eedd3.jpg



Je vous retrouve très bientôt !

18:15 Publié dans En aparté... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blog

21/08/2007

Vide-grenier et vide-atelier d’artiste.

Dimanche je suis allée participer au vide-grenier organisé par une association d’artistes à laquelle j’appartiens. Conjointement à ce vide-grenier banal, une rue était consacrée aux artistes qui pouvaient vendre leurs fonds d’ateliers.

Comme je ne suis pas très commerçante et pas très courageuse, je n’avais nulle envie de déménager mon atelier jusque sur un trottoir de village, car alors il aurait fallu arriver très tôt pour avoir un bon emplacement, et surtout la possiblité d’approcher la voiture. En effet, à huit heures la circulation devient interdite dans les rues concernées.
Et moi, à huit heures, je dors encore à poings fermés…

Alors j’avais préparé deux petits cartons à dessins. L’un contenait des croquis à l’encre de Chine genre :

e06bba6fb7e99c3b9e706fdbd49e0f7c.jpg


Ou à la sépia comme ça :

ef3669071cc87fbe722a5036aa256a87.jpg


L’autre abritait des encres aquarellées diverses : scènes d’atelier, scènes de village, ou scènes d’Afrique.

ac0f27ab5f81884db07d0e7cdb5b21b8.jpg


Je suis arrivée tranquillou à neuf heures et demie, mes papiers sous le bras, et un petit pliant pour pouvoir m’asseoir…on aime son confort, tout de même !

Je cherchais des yeux quelque copine pour m’installer près d’elle, et j’en ai trouvé deux, des courageuses arrivées de bonne heure avec leurs voitures chargées de toutes sortes de leurs productions : statues, tableaux, cartons débordants d’aquarelles, de sanguines, de fusains… Elles m’ont accueillie joyeusement et m’ont fait une petite place auprès d’elles. J’ai étalé à même le sol mes cartons ouverts sur mes petits papiers. La belle Malou, super organisée m’a offert un café bien chaud de sa thermos, avec un petit sucre, j’étais gâtée aux petits oignons.
Le public défilait dans la rue qui finissait en impasse, ce qui fait qu’ils passaient deux fois devant notre étalage. Certains n’allaient pas si loin : ils jetaient un coup d’œil de loin et disaient : « Là ce n’est pas la peine d’y aller, il n’y a rien ! ». Sympa…

5946f39a7345388d287deeb396228ef0.jpg


Quand même, certains s’intéressaient, se penchaient, feuilletaient, posaient même des questions. Parfois ils voulaient, évidemment, ce que je n’avais pas : « Vous n’avez pas de dessins de nus d’hommes ? » Ben non, je n’en avais pas. Les modèles hommes sont rares, j’ai peu de dessins de ce type, et puis je n’avais pas pensé à en prendre…
Une dame était tombée en arrêt devant un de mes croquis, mais hésitait car sa fille lui tirait le T-shirt « Non maman, n’achète pas ça, elle n’est pas habillée, la dame ! ». Elle a reposé le dessin, visiblement déçue, mais n’osant sans doute pas contrarier la gamine…Et hop ! le dessin a été récupéré par une femme que je connais et avec qui je bavardais, et qui s’est empressée de le saisir et l’a acquis et emporté avec un plaisir…qui m’a fait grand plaisir…

048ad2ad5fa66158fe6d9d5d128b0987.jpg


Finalement la matinée est vite passée à discuter avec les voisins et voisines de trottoir. On a mangé sur place et j’ai dépensé presque tout le billet gagné avec mon dessin pour payer le chich kebab, excellent d’ailleurs, dont je me suis gavée (c’est une nourriture roborative à laquelle je ne suis pas habituée, mais c’était bon !).
Au début de l’après-midi, le temps très agréable jusque-là a commencé à fraîchir et à se couvrir dangereusement. Les filles m’ont gardé mes dessins pendant que j’allais faire un tour dans les rues pour voir si je ne trouverais pas quelques trucs à chiner.

C’est fou ce que les gens ont comme cochonneries chez eux…
Etalés sur des couvertures, il y a bien sûr des vieux livres, des CD à l’état douteux, des vêtements usagés très défraîchis, mais aussi des myriades de petits objets très moches, des chromos, des pichets miniature, des collections de porte-clés, des porte-photos kitsch, des vases ébréchés, des vieilles cafetières…
Je regardais si quelque vendeur n’avait pas des restes d’un vieux stock soldé et re-soldé de maquillages bon marché qui enrichiraient ma collection ( je peins parfois avec des cosmétiques, leurs couleurs me fascinent…), mais finalement ils avaient tous le même genre de vieilleries incroyables sorties du fin fond des greniers des années cinquante…

Ça en devenait effrayant, cauchemardesque, délirant. Tout au long des rues du villages s’étalaient les mêmes couvertures douteuses recouvertes des mêmes objets disposés en rangs d’oignons, les vieux couverts dépareillés, les cartons remplis de livres dépenaillés, les tas de vêtements grisâtres, les lainages feutrés, les coussins aux couleurs improbables, les petits meubles boiteux, les fers forgés un peu rouillés, les tiroirs remplis de pin’s ou de mini-jouets, les montagnes de peluches pisseuses…
Et je pensais que les super-marchés regorgent d’objets neufs et pimpants made in China qui n’ont pas d’attraits pour les amateurs de ces étalages foisonnants des vide-grenier.

76b60a8bce9f495b870567094e7e15f1.jpg

Et je distinguais les vrais écumeurs de vide-greniers, l’œil expert, qui traînaient encore parmi les emplacements, à la recherche de la dernière bonne affaire oubliée par les lève-tôt, ceux qui étaient déjà partis avec leur butin avant même que je n’arrive… Ils ont une dégaine spéciale. Les hommes moustachus, la bedaine ceinturée, les mains potelées et fouineuses soulevant les objets et les reposant d’un air indifférent. Les femmes en jupe de skaï serrée ou en pantalon moulant, le petit top boudiné, le mollet musclé, la joue molle, l’œil petit et vif, le regard acéré…

Je ne me sentais pas du tout à ma place dans ce ballet infernal, exactement comme je ne me sentais pas à ma place à venir vendre ( vendre ? ne pas vendre, plutôt !) mes dessins - un peu de moi-même - sur ce marché de vieilleries, d’objets de rebut dont pas un chiffonnier d’Emmaüs ne voudrait…

J’avais froid ( en août !).
Je suis retournée près de mes copines, j’ai rangé mes trésors dans mes cartons, j’ai fait la bise à la ronde et je suis partie.

J’avais regagné ma voiture et je filais vers ma maison quand la pluie s’est mise à tomber… Le lendemain, une de mes copines de « vide-atelier » m’a décrit le sauve-qui-peut général sous l’averse après mon départ, me disant que j’étais partie au bon moment…

L’année prochaine, si j’y retourne, je n’emporterai surtout pas de dessins ou de peintures qui concernent mon affectif, mais que du matériel dont je ne me sers plus, des vieux pinceaux, des tubes de gouache, des crayons inutiles… et des vieilleries à dégager : petites aquarelles merdiques de mes débuts, statues loupées à brader.
Je me ferai plein de sous !!!

03/03/2007

Stress

Dans neuf jours exactement j’expose avec l’association d’artistes dont je m’occupe. Et je n’ai rien de prêt…
Des soucis personnels n’ayant rien à voir avec la peinture m’ont empêchée de me mettre plus tôt à la préparation, mais aussi auparavant une flemmingite aiguë dont je crois que je vous ai parlé… J’ai honte…
Et maintenant je suis très en retard…
Et très stressée…

Mais en même temps, je sais bien que j’y arriverai. Sur les genoux peut-être, mais j’y arriverai !…

Je veux mettre des dessins (pour la plupart des encres de chine), des scènes d’atelier aux encres et aquarelle, des portraits au pastel, des huiles aussi, un peu de tout, quoi. Et, évidemment, il faut le maximum de nouvelles œuvres, donc cela veut dire : encadrements…

medium_AnAllDSCN0307.jpg

Rêveuse, par Amande
Encre et aquarelle

Et vraiment, ce n’est pas ce que je préfère dans les expos !

En plus, nous étions huit artistes exposants, et voilà que l’un d’entre eux nous fait faux-bond en dernière minute !
Il nous avait déjà fait la même mauvaise surprise il y a deux ans, et vraiment ça me met en colère. Les affiches et les invitations sont naturellement déjà imprimées, avec son nom dessus bien sûr.
Il devait participer à l’accrochage des œuvres, travail assez important et demandant des efforts physiques pour lesquels, benjamin de l’association, il est fort utile… Nous sommes tous déçus et contrariés. Mais voilà…comment trop en vouloir à quelqu’un qui tombe subitement malade. Simplement, je pense qu’il aurait pu tomber malade 15 jours plus tôt…

Oui, je sais, c’est pas sympa. Mais ce n’est pas une maladie infectieuse imprévisible, c’est plutôt une affection cyclothymique, alors il aurait peut-être pu anticiper ???

medium_AnAllDSCN1203.jpg

Zoo humain par Amande
Huile sur toile

De toutes façons, cela ne sert à rien de râler. On fera avec. Mais ce n’est pas de chance.
Déjà, cet hiver nous avons perdu notre doyen, 80 ans, subitement décédé. La scoumoune, quoi ! Surtout pour lui…
Alors nous avons décidé de lui rendre hommage. Cela va plomber notre vernissage, tout ça : un mort, un malade, et moi-même qui ne me sens pas très bien…

medium_AnAllAngoisse.jpg

Angoisse par Amande
Huile sur toile

Mais non, je rigole, je vais très bien !

Mais je suis stressée !!! stressée !!!

11/12/2006

Réflexions régionales

Bretonne, je suis venue m’installer dans le midi en 1977, cela fait donc déjà un certain temps ! Et j’avais quitté la Bretagne 17 ans auparavant, pendant lesquels j’avais vécu en Mayenne.

Si bien que j’ai toujours été une étrangère. Quand vous saurez, en plus, qu’entre l’âge de 5 ans et l’âge de 15 ans j’ai vadrouillé dans les belles ex-colonies françaises au hasard des affectations de mon père, vous comprendrez que, même si la Bretagne reste le siège de mes racines, je suis bel et bien une déracinée.

medium_AnDanseuses.jpg


Cela ne me gêne pas plus que ça, mais cela me donne du recul sur les mœurs des gens de « ma » région d’adoption.

Quelques années après mon arrivée ici avec ma famille, mon mari et moi avons été invités à partager une soirée « bullinade » (bouillabaisse catalane http://perso.orange.fr/robert.delclos/gastrous.htm) par des collègues. Chacun payant sa quote-part.

medium_zarzuela.jpg

L’hôtesse avait invité un poète régional natif de son village. Au début, c’était cordial, chaleureux. Puis, petit à petit, ils ont commencé à raconter des histoires drôles en catalan. Nous ne comprenions évidemment pas, et lorsque tout le monde (sauf nous) avait bien ri, ils nous les traduisaient en français avec une pointe de condescendance qui gelait toute velléité de rire, et ils ajoutaient, voyant nos sourires polis : c’est beaucoup plus drôle en catalan !

medium_AllAnDSCN2270.jpg


On a fini par leur dire que s’il voulaient nous pouvions parler en breton…ce qui nous aurait été difficile, vu que ni l’un ni l’autre nous ne le parlons…mais cette remarque leur a fait prendre conscience que notre patience avait des limites. Ils n’y auraient pas pensé tout seuls…

Beaucoup plus récemment, j’ai été chargée par le Président d’une association d’artistes dont je faisais partie, de contacter un restaurateur de ma petite ville, car il prête ses murs à des expositions. Au cours du rendez-vous que j’avais pris auprès de lui, je lui ai dit : « Je suis d’ici ! » et j’ai vu son visage changer. Il a pris un air goguenard, et m’a demandé : « Ah ? De quelle famille ? Je ne vous connais pas ! ».
Vlan !
D’ici ? Toi ? jamais, ma vieille, tu n’es pas de notre sang, tu n’es pas la descendante d’une des vieilles familles locales !
medium_img_0.2.jpg
Et c’est vrai que lorsque je me trouve dans un groupe de personnes du cru, chez ma gentille coiffeuse ou pendant une permanence d’exposition, je constate qu’ils passent une bonne partie de la conversation à des reconnaissances mutuelles, des comparaisons généalogiques, des recherches de parentés anciennes… Celui-là, sa grand-mère était la cousine de la mienne…Celle-là c’est la fille d’un tel et son mari est de telle famille…
Ils ont comme un besoin viscéral de se reconnaître, de se persuader qu’ils sont bien « d’ici », enracinés…
medium_divers-espagne-sardane-2.2.jpg
Il y a de nombreux espagnols dans la commune, arrivés à l’époque franquiste, c’est à dire il y a près de cinquante ans. Ils n’ont jamais été vraiment intégrés, ils sont ressentis comme différents. J’ai entendu cette remarque faite sur une personne : elle a épousé un espagnol…comme si c’était déchoir ?

C’est humain. Moi-même, quand quelqu’un se dit breton, j’envoie un petit signe de reconnaissance : « Moi aussi, je suis bretonne ! », et j’éprouve un certain contentement.

Mais de là à passer systématiquement en revue l’arbre généalogique d’une personne dont on parle, et à avoir la conversation essentiellement orientée là-dessus… Je trouve que les gens de « ma » (sic) région sont trop repliés sur eux-mêmes. J’ai le sentiment qu’ils ne se sentent bien qu’entre eux, et que les étrangers comme moi resteront, quoiqu’il en soit, des étrangers.
medium_sardpied.2.jpg


A l’heure de l’Europe, cela pose question, non ?

15/10/2006

Modernité

Je fais souvent mes courses dans les supermarchés du coin. Ce sont de grandes surfaces, mais elles restent relativement humaines dans leurs dimensions. Je connais bien leur géographie, et je perds le moins de temps possible à faire mes emplettes car je sais où je vais trouver quoi.
Mais vendredi j’ai dû aller, de l’autre côté de la ville, dans un Hyper que je ne fréquente pas et où je n’avais pas été depuis longtemps.
J’ai eu l’impression de plonger dans un monde gargantuesque. Des rayonnages de bouffe à n’en plus finir. Il y en avait, il y en avait !… des tonnes de produits de toutes marques, de toutes sortes, jusqu’à l’écoeurement. Je me demande comment ils arrivent à écouler toutes ces victuailles emballées, normalisées.

medium_All_DSCN0729.jpg
Amande

C’est vrai qu’il y avait du monde. Des quantités de gens qui, eux, avaient l’air de savoir exactement ce qu’ils faisaient là, ce qu’ils allaient y trouver, et où ils allaient le trouver.
Je n’avais besoin que d’un renseignement sur un appareil électronique qu’on m’avait dit pouvoir trouver là, mais qui ne se fait plus depuis longtemps…je retarde…

J’ai donc voulu aller voir un peu du côté des vêtements, histoire de n’être pas venue pour rien. Un petit pull, un pantalon sympa ou des chaussettes rigolotes ?… Ben non. Rien. Des montagnes de fringues toutes plus tartes les unes que les autres, des tissus de mauvaise qualité, des laines rêches ou au contact savonneux, déjà informes avant même d’avoir servi.
Pas de bleu tendre ou lumineux, pas de vert canard ou de rouge framboise, pas de rose tyrien ni de turquoise, pas de roux automnal, de tweed anglais, de kilt écossais…Pas d’imprimé léopard, de panthère, de zèbre, de tigre ou de ceintures de lézard vert…

medium_foto24.jpg
Balmain

Des couleurs ternes, tristounettes : du gris souris malade, du vert mousse pourrie, du bleu indécis et dépressif, du marron marronnasse…A en avoir le cafard définitivement.
Même les jeans étaient minables, et les chaussettes uniformément beige ou noires.

medium_foto20.jpg
Castelbajac

J’ai tourné les talons, il fallait que je sorte. Je ne suis pas agoraphobe du tout, mais là j’étais au bord du malaise. J’ai fui ce monde où tout s’uniformise et s’attriste, ou des zombies couleur passe-muraille poussent droit devant eux leurs caddies à roulettes sur des kilomètres, et les remplissent au passage de gadgets « vus à la télé », , de DVD de films d’horreur, de bouffe surgelée, de boissons en canettes, de fringues calibrées et grisâtres ou de maillots bleus avec dans le dos de grands numéros et un nom qui n’est pas le leur, mais celui d’une de ces idoles du stade qui deviennent milliardaires en tapant dans un ballon devant des foules hurlantes…

medium_foto25.jpg
Castelbajac

Et je suis rentrée vite fait chez moi, près de mon homme, dans notre petite île déserte où les oiseaux chantent, et ou m’attendent mes arbres, mes fleurs, mes chiens, et mon petit chat Lulu.

02/09/2006

Jalouse ? Moi ?

Je suis allée ce soir au vernissage de l’exposition d’une artiste très connue dans ma région. Elle a même exposé à Paris l’an passé, dans un lieu prestigieux. C’est une artiste qui a pignon sur rue. Je ne voulais pas manquer cela, car j’aime son travail et je n’avais rien vu d’elle depuis quelques années.
Elle travaille, elle aussi, devant modèle vivant, et j’aimerais beaucoup avoir son talent.

Je ne suis pas restée longtemps et je suis rentrée déçue.

Pas restée longtemps, parce que je n’aimais pas l’ambiance. Toute la bourgeoisie locale était là. Je n’ai rien contre, mais franchement, j’avais l’impression qu’ils étaient venus pour qu’on les voie, pas pour voir. Il est de bon ton dans la région d’avoir, accroché à son mur, un tableau de cette artiste. En particulier un nu de dos, sa spécialité. medium_foule2.jpg
Tout le monde papotait en grignotant les tartines de pain bis tartinés de tapenade ou de yaourt au cumin. Peu de gens regardaient vraiment les tableaux… Enfin, j’ai eu cette impression.
Et je ne connaissais presque personne.

J’ai été déçue, parce que tous les tableaux se ressemblaient. Et tous ressemblaient à ceux que j’avais vus à une précédente exposition de cette artiste. Une forte impression de déjà vu me poursuivait. Et le choix délibéré de présenter des œuvres toutes dans les tons de rouges ou de terres me gênait aussi . Je cherchais au moins un beau bleu… Et puis aussi l’impression que chaque tableau avait été fait devant le même modèle féminin. Un visage aigu au regard baissé, des mains trop grandes, des pieds très bien dessinés, mais trop grands aussi…Un peu systématique tout ça. L’impression d’une déclinaison de dessins et d’huiles à peine différents les uns des autres. Pas de surprise, pas de choc visuel.

C’est délibéré ? Ah bon…
C’est pour faire une expo cohérente ? Ah bon…

C’est magnifique, c’est vrai. Mais on dirait qu’elle ne cherche plus, qu’elle est arrivée au bout, qu’elle refait tout le temps le même tableau…
Elle a trouvé son style, c’est sûr. Sa facture est très personnelle. Elle n’a pas son pareil pour croquer une attitude, créer une ambiance, rendre de somptueux drapés. Beaucoup de métier. Mais c’est toujours le même propos, les mêmes regards jetés au sol, la même composition : personnage au centre, petite tête, grandes mains maniérées projetées en avant, posées sur les genoux de la dame, robe au jupon abondant remplissant les deux tiers du tableau.

Bouh ! Déçue !

Mon mari me dit que je suis tout simplement jalouse.
Ben peut-être…medium_Je_boude_.2.jpg

J’ai oublié de vous dire son nom ? Ah oui, tiens !

Vous allez penser que j’aurais pu vous mettre en illustration un ou deux tableaux de cette artiste ?
Je vous assure que j’ai cherché sur le net. Je n’en ai trouvé qu’un. Et il est trop beau.

Après tout, je ne vois pas pourquoi je lui ferais de la pub, à cette dame !

26/04/2006

Brèves (ou pas…) de super-marché

J’arrive au super-marché. Un jeune homme boutonneux avec de grosses lunettes se précipite vers moi.
« Vous avez la carte fidélité, Madame ?
- Oui, Monsieur.
- Alors, tentez votre chance, vous pouvez gagner jusqu’à 40 euros à notre borne des gagnants !
- Oh, moi je ne gagne jamais.
- Essayez, Madame, cela ne coûte rien ! »

medium_schieleautoportraitpenche.jpg

(Egon Schiele)
J’essaye, sans conviction, et, évidemment, j’ai droit à l’habituel « perdu ! »
« Vous voyez bien !
- Avez-vous la carte passe-passe ?
- Oui.
- Alors vous avez une deuxième chance !!! »
Il est content. Il a tellement l’air d’avoir envie que je gagne, ce pauvre garçon, que je fouille dans mon sac et extirpe la fameuse carte. Il me la prend des mains et, fiévreusement, la passe dans la borne de la chance. « perdu ! »
« Vous voyez bien, je ne gagne jamais rien ! »
Il est embêté, le monsieur.
Autour de nous, les gens rigolent, mais ils veulent tenter leur chance. Eux ils gagnent quelquefois.
Moi, non.

En plus, il suffit que je choisisse une caisse pour qu’il se passe quelque chose. Vous savez, comme dans le vieux sketch des inconnus « ça ne passe pas ! ».
La caisse-enregistreuse coince.
La vieille dame a oublié son code et son chien.
La caissière est débutante et elle appelle la caisse centrale : « Corinne, comment on fait pour les bons de réduction des sauces grand-mère ? J’y arrive pas… »
Le pull-over a perdu son code-barre.
Le monsieur a oublié de peser ses bananes.
J’en passe et des meilleures.

Quelquefois ça m’énerve, mais quelquefois c’est drôle.
Ce jour-là, il n’y a pas beaucoup de monde. A la caisse spéciale carte passe-passe, une dame a presque fini de payer, il y a juste un jeune homme avant moi, et il n’a qu’un article. Pour une fois, je ne vais pas trop attendre.
Je trouve quand même bizarre que ce garçon, à peine majeur apparemment, ait la carte passe-passe. Mais bon, c’est peut-être celle de sa mère. Sans plus me poser de questions, je commence à déposer mes achats sur le tapis roulant.
Ce faisant, je vois que le garçon prend deux des panonceaux « client suivant » qui séparent le futur tien du bientôt mien, et les pose de chaque côté de son emplette, de façon à la masquer le plus possible. Je comprends pourquoi quand la vendeuse attrape la petite boite en question pour la passer devant le scanner : c’est une boîte de préservatifs.
Je souris intérieurement.
D’un air faussement décontracté, il engloutit son paquet dans un sac plastique et tend un billet de cinq euros.
A ce moment, la caissière prend un air catastrophé et devient très rouge, puis très verte : « Vous n’avez pas la carte passe-passe ? c’est une caisse passe-passe, je ne peux pas prendre d’espèces ! »
Non, il ne l’a pas. Il devient très vert, puis très rouge.
medium_schiele36.jpg

(Egon Schiele)
Elle décroche fébrilement son téléphone de caisse.
« Corinne, j’avais pas vu que c’était une caisse passe-passe, le monsieur n’a pas la carte, il paie avec des espèces…comment je fais ? En plus, la cliente précédente a fait un chèque…comment je fais ? »
Corinne arrive et le calvaire du garçon continue. Il doit ressortir du sac sa boîte de préservatifs pour que Corinne la repasse devant le scanner. Elle la lui rend, mais lui explique qu’il va falloir qu’il vienne avec elle à une autre caisse pour pouvoir payer en espèces. Le malheureux ne sait plus où se mettre, il essaie de prendre un air dégagé, oui madame, je comprends, j’aurais pas dû, il y a des jours où il vaudrait mieux rester couché, moi qui voulais éviter le regard de la pharmacienne près de chez moi…

Sortez couvert, facile à dire !

22:05 Publié dans En aparté... | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : peinture

24/04/2006

Toxic-blog

J’ai toujours eu du plaisir à me trouver devant un clavier et à jouer avec l’ordi.
Depuis 5 ans nous sommes connectés à internet, mais mon mari est devenu accro, et je ne pouvais pas beaucoup surfer, car il me disait que c’était sa seule distraction, alors que moi j’ai ma peinture et mon dessin. Je protestais bien un peu pour la forme, mais au fond je pensais qu’il avait raison.

J’avais quelques correspondantes et quelquefois je me levais la nuit pour pouvoir disposer de l’ordinateur pour leur répondre. Ou bien je profitais des rares absences de mon mari.

Mais depuis janvier 2006 nous avons un 2ème ordinateur et partageons la connexion. Au début je me suis contentée d’ouvrir ma messagerie plus souvent et de visiter des sites de peintres célèbres.
Balthus

medium_alafenetre.jpg

Bonnard
medium_bonard1.jpg

Et puis j’avais depuis longtemps envie de créer un site pour publier mes œuvres picturales, alors j’ai commencé par créer ma page perso. Quel bonheur pour l’ego ! Et puis j’espérais recevoir des messages d’autres peintres amateurs ou non, j’imaginais que j’allais avoir du travail à répondre à tout le monde… Enfin, je rêvais, quoi. Car à part mes copains et copines qui m’envoyaient un petit coucou après la visite, rien…ou presque.

Alors je me suis intéressée à un forum d’art sur lequel j’ai diffusé l’adresse de mon site. D’autres le faisaient, j’allais voir leur http://mapeintureamoi.com et je leur donnais courtoisement mon avis, les félicitant s’ils le méritaient à mes yeux (car je suis polie, mais je ne peux pas féliciter quelqu’un si je n’aime pas ses œuvres : dans ce cas, je ne dis rien…).
Bien sûr, la plupart du temps ils venaient visiter poliment mes petites pages et me retournaient le compliment, mais cela s’arrêtait là.
Or, moi, ce que je cherchais, c’était un échange réel, de points de vue, de réflexions, de confidences d’artiste. Un contact social, quoi. Echec à peu près total.

Et puis je ne sais plus qui m’a conseillé de créer un blog. Je ne connaissais pas bien ce genre de sites. J’ai commencé à explorer, à visiter des trucblog, des blogsuper, des machinblog. Et puis j’ai eu, par mon forum, une adresse de blog dans blogspirit. La mise en page m’a séduite. Et je me suis lancée. J’ai trouvé cela super simple à utitliser, et la grande aventure a commencé.
Et j’ai eu tout de suite des échanges agréables avec d’autres bloggeurs.

Comme on dit maintenant : c’est génial !

Seulement voilà.

Je suis devenue accro à mon tour.

L’ordinateur m’attire comme un aimant. J’ai de moins en moins envie de faire le ménage et le jardin. Pire :je suis obligée de me gendarmer pour aller dans mon atelier travailler. Je tente de me discipliner dans la journée, résultat, le soir je reste de plus en plus tard. Je fais le tour de mes blogs favoris. Je fais le tour des favoris de mes favoris. Je vais visiter les communautés, j’écoute les musiques et les fais écouter à mon homme, je visionne les albums, j’écris des commentaires, j’en reçois… J’attrape même des virus…

Je m’amuse énormément, mais il va falloir que je me restreigne un peu, sinon je n’aurai bientôt plus de nouveautés à mettre en ligne parce que je ne peindrai plus… Et bientôt mon blog « Passion-Peinture » va devenir « Les avatars d’une intoxiquée du blog ».

Mais non, je rigole !