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18/05/2009

Je reviens très bientôt !

Voilà longtemps que je n'ai pas posté une note...

J'ai été très occupée par la préparation et le déroulement d'une exposition, et maintenant je suis en plein travail de création. Je suis en train d'élaborer la grande toile annuelle sur le thème "La vigne et le vin", et parallèlement je travaille aussi sur une toile plus petite sur le th-me "Dolce Vita". Ces thèmes vous inspirent ?

 

Je reviens bientôt.

Et en attendant, n'oubliez pas :

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/

Et pour vous faire patienter, voici un de mes derniers tableaux à l'huile exposés :

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Et un de mes derniers pastels exposés ausi :
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Et à bientôt !!!

20/03/2009

Substitution

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Pour une exposition à thème, je devais peindre sur une toile de format 120 x 30. Format très allongé et un peu bizarre que je n’avais jamais utilisé.
J’avais fait deux portraits l’un au-dessus de l’autre, une femme d’abord, puis un homme, très typé oriental, genre « Fayoum », qu’elle semblait dominer malicieusement. Je n’étais pas très satisfaite du résultat, mais, prise par le temps, je n’avais pas pu recommencer autre chose. Je l’ai donc proposé à l’exposition, et il a été accepté.



Mais une fois l’exposition passée, j’avais laissé ce tableau en vue dans mon atelier. Je voulais le modifier et transformer cette scène un peu sibylline. J’avais pensé à un truc comme Judith et Holopherne, la belle attrapant les cheveux du pauvre homme décapité. Il fallait donc ensanglanter le cou et le bas du tableau, et changer l’expression de la jeune femme, un peu trop folâtre. Quelques bijoux pour la couleur locale…cela pouvait se faire.
Mais plus j’y pensais et plus cette idée me paraissait ringarde…Le thème a déjà été traité par de grands peintres…me confronter à eux me semblait assez prétentieux.

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Allori

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Klimt

Et puis les portraits de l’époque « Fayoum » sont si beaux, et le mien était plutôt moche.

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Portraits du Fayoum

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Alors j’ai tout recouvert de mon noir fatidique afin de repartir sur tout autre chose. Ayant soif de peinture à l’huile et manquant de supports, j’ai décidé d’utiliser cette toile pour quelques pochades vite exécutées…J’ai préparé un découpage pour faire comme une pellicule de film…Et je me suis dit que j’allais y faire des portraits rapides, deux par séance, c’est à dire chaque portrait finalisé en une heure. L’urgence me stimule et m’oblige à aller à l’essentiel.




Voilà le résultat. Il n’y a que le dernier portrait qui a été fait « normalement », en deux heures, et en plus il était plutôt raté, et j‘ai dû le reprendre après, alors que pour les quatre premiers je n’ai rien retouché !


Franchement, je ne pense pas que ce dernier soit le meilleur.

J'espère vos commentaires, vos critiques, vos réflexions...

12/01/2009

Finir ?

Quand je peins un portrait devant un modèle vivant, j’ai devant moi deux heures et demie pour le faire.

A la fin de la séance, il est rare que ce soit fini. Généralement, je me suis centrée sur le visage, afin de peaufiner les traits du personnage, la ressemblance. Mais souvent les cheveux sont juste esquissés, le corps juste indiqué.
Je « termine » seule dans mon propre atelier, tranquille.
Tranquille, mais il n’y a plus le modèle. Alors il faut inventer un peu, essayer de compléter sans trahir, de rectifier les erreurs de tir, de ne pas « tuer » la peinture.
Hélas, c’est bien ce qui arrive quelquefois. Et l’œuvre prometteuse se disloque, le personnage bien saisi se fige, c’est foutu !
Ainsi, l’esquisse agréable au pastel sec de cette jeune fille s’est transformée en un portrait lourd, d’un académisme froid, raide et artificiel que je n’aime plus du tout, que je n’exposerai jamais.

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Ainsi cette femme mystérieuse dont la sensualité m’inspirait, dont le contraste entre le visage dur et les formes pleines était si inhabituel, est devenue, lorsque je l’ai « terminée », trop lisse, façon poupée gonflable, le corps prenant trop de place et faisant oublier l’étrangeté du visage.

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Alors ne vaut-il pas mieux parfois ne pas terminer ? Laisser agir le charme de l’inachevé ?
Mais peut-on se contenter d’une œuvre non terminée ? Où est la ligne à ne pas franchir ? Comment ne pas attirer des commentaires désobligeants au cours d’une exposition, du genre « Il n’est même pas fini, ce tableau ! »

Et c’est là qu’on rencontre ses limites quand on est comme moi un simple peintre amateur. D’ailleurs, un de mes profs disait : « Le vrai peintre, c’est celui qui sait s’arrêter, celui qui sait quand c’est fini. » Bouh !!!!!! Moi je ne sais pas toujours…ou plutôt je ne sais toujours pas, hélas !

Aussi, j’essaie désormais d’éviter de tout bouziller en voulant trop bien faire. Alors délibérément, quand c’est possible, je ne « finis » pas.

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Ou encore, je m’attache au seul portrait, limitant mes ambitions, pour avoir le temps de terminer devant le modèle.
Comme ça :

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Mais c’est parfois frustrant…



27/10/2008

Ne me jette pas

Je vous propose d'aller visiter une exposition de groupe à laquelle je participe. Ma participation consiste en un tableau huile/collage. Ceux qui fréquentent mon photo-blog ont déjà pu le découvrir.

Vingt-et-un artistes ont participé à cette exposition, avec une œuvre chacun. Beaucoup de créativité dans ce groupe. Nous faisons trois expos par an dans le même lieu, sur un thème différent à chaque fois, je vous en ai déjà souvent parlé dans différentes notes.

Cette fois-ci le thème était : Ne jetez rien, c'est de l'art plastique ! Et vous pourrez voir ici ce que ça donne :

http://amandedouce13.spaces.live.com/

J'étais peu inspirée par le recyclage de déchets en oeuvre d'art.
Cependant, traînait dans mon atelier une vieille toile dix fois remaniée, un de ses avatars se trouve d'ailleurs photographié dans ce blog-photo :

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2007/07/25...

Je gardais aussi des morceaux réussis de quelques dessins ratés, divers objets de provenances multiples...tous éléments dont je ne savais que faire et que je n'arrivais pas à jeter. Comme s'ils me disaient "Ne me jette pas..."
Et voilà comment, sur ma toile ratée, j'ai organisé tous ces éléments en collage. Mon premier collage...Il a fallu beaucoup réfléchir, harmoniser, intégrer...La couleur m'a beaucoup aidée.

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/


Je ne suis pas une fana de l'art contemporain, les habitués de ce blog le savent, mais de me frotter à des artistes qui en sont familiers cela me permet d'enrichir ma culture et de mieux comprendre.
Inmanquablement, je reste dans le figuratif, l'abstrait pour moi est totalement ...abstrait. Et cela me fait rire quand de soi-disant artistes prétendent faire de l'abstrait, ceci afin d'échapper à la nécessité de faire des efforts pour atteindre une représentation figurative convaincante.
Les artistes qui ont participé à cette expo ont du talent et présentent parfois, sur d'autres thèmes, des oeuvres qui prouvent qu'ils ont toutes les cordes à leur arc, y compris celle du figuratif. Mais ils savent aussi s'en échapper.
Ils m'ont intégrée à leur groupe il y a quelques années, et je fais tout ce que je peux pour être à la hauteur. C'est stimulant !

Devant ces œuvres, certains me disent qu’ils n’éprouvent aucune émotion. On a tout à fait le droit de ne rien ressentir, mais il faut, à mon avis, rester curieux.
Dans cet expo, il y a un fil conducteur, c'est le thème : "Ne jetez rien, c'est de l'art plastique...". Et toutes les oeuvres tournent autour de ces trucs qu'on jette tous les jours.

Mon oeuvre préférée, c'est celle des sachets de thé que l'artiste a collectionnés au long des jours, qu'elle a assemblés en un collage minutieux et évocateur. On peut penser au temps qui passe, on peut penser aux petits moments agréables quotidiens vécus en buvant une tasse de thé, on peut penser à l'accumulation de ces déchets qui envahissent la planète. Elle a complété sa création avec un vieux rond de bois dont les couleurs sont en harmonie avec celles des sachets de thé, et qui évoque aussi beaucoup de choses, et au milieu elle a rajouté un vieux panier métallique utilisé par son pêcheur de mari pour les petits poissons ou les escargots de la cargolade catalane. Seulement il est percé, alors il est devenu inutile, on le jette ? non, on le colle au millieu du rond de bois et voilà trois sortes de déchets réhabilités : papier, bois, métal.

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Allez, à vous ! Laissez-moi un petit commentairequi me dira ce que vous pensez de l’expo, et si une des œuvres vous a particulièrement plu ! ;-)))



20/09/2008

Elle s’appelait Coco, c’était une artiste

Je l’ai connue grâce à ce blog, menée sur le sien de liens en liens. J’ai aimé sa peinture, je le lui ai écrit, elle m’a répondu. Elle aimait aussi ce que je fais.
Et puis elle est partie à la mi-août. Des suites d’une longue maladie, comme on dit. Elle avait l’âge d’être ma fille. Sa disparition m’a fait un choc, et pourtant je ne l’ai jamais vue…

http://coco-olivier.blogspirit.com/

http://www.corine-olivier.com

Je ne l’oublierai pas.

09/07/2008

L’esclavage moderne

Une association organise à la rentrée une exposition sur l’esclavage moderne, pour commémorer les faits d’esclavage. Et pour donner à sa manifestation un côté actuel, elle a ajouté l’adjectif « moderne ». Ils m’ont invitée à participer.

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Je réfléchis depuis quelques jours à ce que je pourrais mettre en scène pour illustrer "l'esclavage moderne".

Et voilà qu'en allant faire quelques emplettes chez mon marchand de couleur préféré (il n’y a guère que pour ça que je vais en ville…), et alors que je viens de garer ma voiture, je suis légèrement bousculée sur le trottoir par un grand gaillard d’une vingtaine d’années.
La tête baissée, un écouteur dernier cri vissé à l’oreille, il parle à voix haute dans le micro fixé à son t-shirt. « Mais non, tu comprends, avec Greg on a décidé… Mais non, je te dis, c’est pas possible ! Ecoute, je ne peux pas, là. Je te rappelle ! » Il ne m’a pas demandé pardon, il ne m’a même pas vue.

Quelques pas plus loin, je croise une jeune femme, le portable tenu à l’oreille, qui fait profiter tous les passants de sa conversation animée avec sa mère. « Maman, je t’ai déjà dit que je ne pouvais pas demain, Stéphanie a son cours de danse, Benoît va chez le dentiste, et j’ai un emploi du temps de fou pour les emmener, les ramener, comme tous les mercredis, quoi ! Ecoute, maman, je te rappelle ! »

J’arrive à la boutique. Feutrée, climatisée, ambiance cool. Je flâne devant les promotions de chassis entoilés et de boites de peintures assorties. Tout d’un coup près de moi, un grelot insistant. Une cliente bafouille un vague « excusez-moi » au vendeur qui la sert, et se lance dans un dialogue dont nous n’avons qu’une réplique sur deux, une passionnante histoire de barbecue raté chez Caroline ( ?) « Il faut que je te laisse, je suis chez « Carmin d’Alizarine ». Je te rappelle ».

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Partout, cette peste sévit. A l’atelier, en début de séance, consigne est donnée : « coupez les portables ! » Mais à chaque fois au moins un des participants « oublie ». Et au milieu de la concentration artistique des peintres, la Lettre à Elise, le chant du coq (mais si !) ou Pink Martini (Je ne veux pas travailler !) retentit, incongru, et la confusion du coupable, le traditionnel « excusez-moi », la fuite précipitée dans le couloir, font lever une volée de protestations mi-agacées, mi-rieuses pendant que le directeur goguenarde « champagne ! » ou menace « la prochaine fois c’est le seau d’eau ! ».

Et au super-marché ? Dans tous les rayons je vois les chalands, leur bidule à l’oreille, qui discutent sur l’opportunité de prendre le camembert en promotion ou de préférer la marque habituelle…Pffff !!!!!

Je n’ai pas de portable. Je ne VEUX pas de portable.

N’est-ce pas cela, l’esclavage moderne ?

Mais franchement, je ne me vois pas peindre mon grand jeune homme, la jeune femme surbookée ou la copine de Caroline.
Je crois que je vais laisser tomber.

04/06/2008

Encore plus

Pour voir encore plus de tableaux de Amande : http://lesphotosdamande.blogspirit.com/

08/05/2008

Star portrait

Voici un moment que je ne suis venue publier sur ce blog !
Je suis étonnée toujours de voir un nombre assez régulier de visiteurs passer voir ce blog, et de constater qu’il s’y laisse un nombre de commentaires si restreint.

Je voulais vous parler d’une série d’émissions que j’ai découverte par hasard, un dimanche et dont j’ai regardé trois opus.
Cette émission s’appelle « star-portraits ». Le principe est intéressant. Il est très bien décrit dans ce post :

http://www.ciao.fr/Star_Portrait_France_5__Avis_1120366

Regardez bien toute la page.

En tant qu’artiste pratiquant le portrait devant modèle vivant, je peux ajouter à ce descriptif enthousiaste quelques réflexions personnelles.

J’ai eu trop l’impression que la plupart des artistes peintres choisis pour faire le portrait de la « star » laissaient passer le temps de pose, pourtant long (trois heures au total) sans s’investir vraiment sur leur tableau. J’avais chaque fois une sorte de frustration de les voir patiner sans avancer. Il me semblait que, sachant qu’on allait les laisser prendre des photos en fin de séance, ils comptaient trop sur ces photos pour finaliser l’œuvre dans l’intimité de leur atelier.
Alors que moi qui pratique cet exercice chaque semaine devant un modèle vivant, je m’acharne à utiliser chaque seconde du temps de pose pour construire, mettre bien en place, affermir, affiner mon travail, et que je ne suis jamais si contente que lorsque le portrait est pratiquement terminé à la fin de la séance ! (qui ne dure que deux heures et quart....)

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Portrait de Kiwi

Plusieurs de ces peintres n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils ne travaillaient pratiquement jamais devant un modèle vivant, et se servaient de photos pour créer leurs toiles.

Et je trouve ça très dommage. Une seule artiste semblait rompue à l’exercice, c’était Magali Cazot :

http://www.magalicazot.com/galerie/index.php?cat=1

Le portrait qu’elle a fait de Bruno Solo n’était, à mon avis, pas très convaincant, mais au moins elle n’a pas repris une toile neuve pour travailler à partir d’une de ses photos, comme l’ont fait les autres peintres de cette même séance. Elle a poursuivi dans son atelier le tableau-même qu’elle avait entrepris en présence du modèle.

Evidemment, cela se discute. Puisque la photo existe…Les plus grands ont utilisé ce support comme point de départ d’une œuvre.

Mais enfin j’ai la faiblesse de penser que rien ne vaut la présence d’un modèle vivant, qui bouge, dont les traits se creusent et se révèlent au cours de la séance. Peindre d’après une photo ne me paraît pas aussi passionnant, pas aussi vibrant. Surtout si l’exercice consiste à faire une copie-conforme de cette photo.

Dans le fond, tous les vendredis, je le fais mon star-portrait, même si les modèles que je peins ne sont pas des célébrités !

30/03/2008

Le projet (3)

La belote
Le deuxième tableau présente des joueurs de belote.
Atmosphère beaucoup plus ludique et joyeuse. Avant toute chose, je place sur ma toile des taches colorées jaunes et orange pour créer dès le départ une lumière festive. Puis je place mes personnages. J’ai décidé que l’un d’entre eux serait le « dindon » de la farce. Celui-là m’obéit bien. Il a vraiment la tête de l’emploi. Illico je l’affuble d’un costume-et-cravate incongru. Ses yeux inquiets, sa bouche déconfite me satisfont. Je place sans problèmes des rieurs qui l’entourent, pour une fois je maîtrise bien les protagonistes. Les quatre joueurs sont des hommes, mais une femme les regarde jouer et se met du côté des rieurs, comme pour mieux accabler leur victime. Le partenaire de celle-ci apparaît discrètement au coin inférieur de la toile, juste esquissé ce n’est qu’un second rôle, d’ailleurs on ne voit pas ses mains. Pour les autres, la succession de leurs mains suit la diagonale du tableau, conduisant les yeux dans la même direction que les visages. Le jaune et le violet font un contrepoint au jaune et orange du fond, et le rouge circule du dos des cartes à la bouche cerise de la femme. Quelques surfaces blanches apaisent un peu la violence des couleurs, mais les visages se colorent de la lumière chaude qui baigne tout.
Pour une fois que mes personnages sont disciplinés…

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2008/03/02...

Le poker

Ma toile est neuve là encore. Toute blanche. Je la tartine de couleurs. Le poker n’est pas un jeu d’enfants. Il n’a pas très bonne réputation. Des drames se jouent parfois autour de la table. Des contrastes forts : du rouge, du vert, du noir, du blanc. Je n’ai pas envie de faire dans la dentelle.
Je place les personnages. Ils seront cinq. Mais l’un d’entre eux tournera le dos au spectateur. Les autres : un fébrile, un désabusé, un menaçant, un impénétrable…Ils sont tous là.
J’ai dessiné les visages, commencé le placement des mains.

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Je montre cette ébauche à des amies, l’une d’elle remarque « ça manque de femmes ! ». Elle a raison. Sa réflexion me turlupine. A la séance suivante, exit l’impénétrable masculin, mes pinceaux font naître une indomptable blonde qui ne s’en laissera pas compter par son vis-à-vis, le « menaçant ». Le duel de leurs regards donne le piment qui manquait à la scène. Merci à cette amie avisée qui se reconnaîtra…
Mon personnage fiévreux vêtu de blanc qui m’intéressait davantage au début, se trouve relégué au second plan de l’action. Les deux autres se disputeront sa dépouille sous l’œil ironique de l’homme en noir qui a jeté ses cartes et renoncé à lutter. Pour un peu on entendrait au loin la ritournelle lancinante de l’homme à l’harmonica, « Il était une fois dans l’Ouest »… Le rouge baigne l’ensemble créant une atmosphère dramatique. « Le rouge est mis » !

http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2008/03/02...

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Et voilà le projet mené à bien.
Enfin, peut-être.
Parce que finalement je ne suis pas totalement satisfaite. Sur le plan narratif, c’est à peu près ce que je voulais, sauf en ce qui concerne le joueur de bridge colérique, mais sur le plan pictural, je trouve que ça manque de liant, de richesse, de profondeur. Quand je les compare à la « Tabagie » http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2007/07/25... ) je les trouve nettement en dessous.
Mais comme je le répète souvent : je n’ai pas dit mon dernier mot. Une peinture à l’huile ça peut toujours être revu et corrigé…
Affaire à suivre…

14/03/2008

Le projet (2)

Levons le suspense : j’avais envie de faire une série sur les joueurs de cartes.
Je fais donc trois tableaux sur ce thème. Mon but, c’est de recréer trois scènes de vie montrant des joueurs de cartes, en tentant d’exprimer ce qui fait la caractéristique de ces jeux, et des joueurs qui s’y adonnent.

Le bridge

Le premier tableau décrira le bridge. C’est un jeu qui n’intéresse guère les jeunes. Ce sont des gens mûrs ou âgés qui pratiquent cette activité. Ils sont tranquilles, méthodiques, sérieux, organisés. Ce sont des gens à principes, calculateurs et réfléchis.
J’ébauche en quelques traits l’emplacement des visages des protagonistes sur un rectangle à l’échelle de la toile. Il faut qu’on les voie bien, de face ou de profil mais pas de dos. Ce n’est pas si simple. Ils sont quatre, et l’un d’entre eux doit être « le mort », c’est à dire celui qui pose ses cartes retournées sur la table, laissant son partenaire en disposer pour remplir leur « contrat ».
Une fois la place des personnages déterminée, je cherche dans ma "collection de visages".
Ce sont des photos découpées au hasard de mes feuilletages de magazines, remarquées pour leur expression qui pourra me servir de guide dans la construction du visage des mes personnages.
Lorsque j’ai mes personnages, je commence à les dessiner sur la toile. Mon dessin amplifie l’expression choisie, c’est un peu de la caricature. J’agrémente arbitrairement de chevelure ou de calvitie ces physionomies. Lorsque j’ai les visages, je dessine les corps. J’ai une bonne expérience des attitudes, grâce à mes travaux assidus en dessins devant modèles vivants. Je place aussi les mains. La ronde des mains accompagne celle des visages…Elle contribue à accentuer le mouvement, la vie.

Je procède donc ainsi pour mes bridgeurs, et j’ai des surprises, les personnages que je crée ne m’obéissent plus.
Je voulais des gens calmes, mais l’un d’entre eux est en colère. Son visage se tord, il est contrarié par son partenaire.

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Et celui-ci, décontenancé, fait le gros dos sous l’orage. J’ai beau essayer avec mes pinceaux de calmer le jeu, rien à faire ! La sérénité ne veut pas venir sur ce visage que malgré moi j’enflamme encore plus…
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Les adversaires de ce personnage sanguin réagissent eux aussi à leur façon. La dame à droite, placide, ne se laisse pas distraire et calcule son « contrat » avec concentration, pendant qu’en face d’elle le « mort », surpris et un peu hors du coup, observe.

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De plus, je comptais utiliser des couleurs assez neutres, des gris bleus, des ocres fanés, en harmonie avec des personnes placides, mais on ne se refait pas…Je constate que ces couleurs sont trop fades pour des personnages somme toute assez fortement caricaturés. Alors je réhausse. L’ocre se fait plus jaune indien, le bleu n’en est que mieux mis en valeur.
Vous allez penser que je fais du roman, mais je vous assure que c’est la vérité. Les romanciers disent parfois que leurs personnages leur échappent et que leur récit va dans des directions imprévues. Je comprends tout à fait cela, car pour moi en peinture c’est pareil. Mes personnages ne m’obéissent pas forcément.
Mais au final les choses prennent leur place, et, résignée à subir la fantaisie de mes créatures, je m’efforce au moins de donner à la scène l’ambiance « vieille France » que je projetais pour ces joueurs de bridge.

Pour voir le tableau terminé, cliquez sur ce lien :
http://lesphotosdamande.blogspirit.com/archive/2008/03/02...