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15/04/2010

Ma deuxième statue-puzzle (2)

J’ai opéré ces inclusions à différents endroits du corps, j’aime les variations de couleurs et de textures. Ma terre de base est rouge et chamottée. C’est-à-dire qu’il y a été mêlé de la poudre de terre cuite. Cela la rend plus « rustique », plus rugueuse. En incluant la terre rose et la terre blanche qui sont plus « plastiques », plus lisses, j’apportais des plages de douceur dans des endroits choisis du corps.

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J’ai pris grand plaisir ensuite à tendre les volumes, à affiner amoureusement les courbes de mon buste.

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Puis, j’ai pratiqué des impressions avec des dentelles diverses, des tissus grossiers.

 

J’ai tracé dessus des « chemins de sable » de couleurs différentes que j’incrustais délicatement dans la terre en la martelant doucement avec un outil de bois, ignorant totalement ce que ça donnerait à la cuisson, car je ne l’avais encore jamais fait.

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Pour terminer, j’ai peint avec des engobes colorées turquoise et rouille d’autres « chemins ». J’avais dans la tête les merveilleuses photos de Hans Silvester consacrées à la tribu des Omos :

http://cid-140281621db6296a.skydrive.live.com/self.aspx/T... 

et sans les copier j’étais imprégnée de cet esprit de beauté de la nature.

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Mais quelque chose me chiffonnait encore : c’était cet aspect « moignon » donné par la coupe brutale des membres et du cou, comme tranchés à la hache. Alors, j’ai eu l’idée de rajouter quelques boulettes irrégulières qui donnaient une impression d’effritement, comme si la terre se délitait aux extrémités. J’y ai fait couler des engobes turquoise qui augmentaient le brouillage des formes.

  

Et lorsque toutes ces opérations décoratives ont été terminées, après quelques jours d’attente sans protection, pour que la terre se raffermisse bien, est venu le moment décisif du découpage de la statue en morceaux. C’était angoissant, mais j’étais aussi très excitée par l’importance de cette phase apparemment destructrice.

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 C'était le moment décisif de la transformation de mon buste en puzzle...

A suivre...

14/04/2010

Ma deuxième statue puzzle

En 2007, j’avais publié ces deux articles pour parler de l’élaboration de ma première « statue-puzzle ».

 

http://amande-douce.blogspirit.com/archive/2007/01/14/ma-statue.html#comments

 

http://amande-douce.blogspirit.com/archive/2007/01/17/ma-statue-suite.html#comments

 

Cette relation se terminait ainsi :

 

« Mais dès ma statue finie, il m’est venu le désir de reprendre l’expérience, de renouveler ce processus long et périlleux, comme une grossesse difficile, et de donner naissance à une seconde statue du même sel.
La première a mis 4 ans à mûrir dans mon esprit et à venir au jour. La seconde est en gestation. Elle naîtra, j’en suis sûre… »

 

 

Il m’a fallu, en effet, quelques années de réflexion pour mettre à exécution mon projet d’une deuxième statue. Il a fallu aussi attendre que physiquement je sois un peu requinquée pour pouvoir reprendre le travail de la terre, tellement plus physique que la peinture ou le dessin.

 

Je voulais que cette nouvelle statue soit la sœur de la première, une sœur, mais pas un clone. Depuis longtemps j’avais collectionné des images, des photos qui m’inspiraient. Et petit à petit émergeait l’idée de faire un buste couché, cambré, vibrant, dans une pose qui n’évoquerait nullement la détente et le repos.

 

La première statue était plutôt « cuir et métal ». Elle avait été patinée avec une cire qui renforçait les teintes rouges, brunes ou roses des terres que j’avais utilisées, et les laçages en étaient de cuir ou de cuivre. C’était une guerrière…

 

Pour la seconde j’ai voulu plus de douceur, de féminité tendre.

Je voulais qu’elle évoque la femme et ses blessures, la nature, la vie, et la mort : ce retour à la terre qui est l’aboutissement inéluctable pour tout être vivant.

 

En été 2008, j’ai commencé la première étape : le modelage du buste. Contrairement à la première fois, je n’avais pas l’intention d’utiliser le moule de plâtre que j’ai pourtant conservé. De plus, je n’avais pas là de modèle vivant et j’ai travaillé en m’aidant de photos de nus et de mes propres dessins. Ce fut ardu. Après quelques semaines je ne savais plus bien si j’étais satisfaite ou pas du travail accompli. J’ai soigneusement recouvert ma statue de chiffons humides et de sacs en plastique et je l’ai laissée dormir presque un an, en entretenant soigneusement l’humidité des chiffons pour la conserver bien souple.

 

En été 2009, j’ai décidé de m’y remettre et je lui ai fait revoir le jour.

Mais la pose que j’avais prévue au début donnait un résultat qui ne me satisfaisait plus :

 

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Cette jambe levée était bizarre, et je n’avais pas l’intention de modeler plus de longueur pour les cuisses, la statue mesurant déjà une bonne soixantaine de cm de long.

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J’ai donc tranché dans le vif et fait les deux jambes jointes. Déjà c’était mieux !

 

Petit à petit la silhouette s’est dégagée des boulettes de terres que j’ajoutais ici ou là.

 

Les formes commençaient à me sembler conformes à mon projet. La statue était cambrée, je pouvais passer la main sous ses reins, comme je l’avais imaginé !

 

 

Lorsque sa forme m’a semblé satisfaisante, j’ai commencé à y faire de profondes incisions pour faire dans la terre rouge des inclusions de terres de couleurs différentes, blanche, rose, noire.

 

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A suivre…