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12/01/2009

Finir ?

Quand je peins un portrait devant un modèle vivant, j’ai devant moi deux heures et demie pour le faire.

A la fin de la séance, il est rare que ce soit fini. Généralement, je me suis centrée sur le visage, afin de peaufiner les traits du personnage, la ressemblance. Mais souvent les cheveux sont juste esquissés, le corps juste indiqué.
Je « termine » seule dans mon propre atelier, tranquille.
Tranquille, mais il n’y a plus le modèle. Alors il faut inventer un peu, essayer de compléter sans trahir, de rectifier les erreurs de tir, de ne pas « tuer » la peinture.
Hélas, c’est bien ce qui arrive quelquefois. Et l’œuvre prometteuse se disloque, le personnage bien saisi se fige, c’est foutu !
Ainsi, l’esquisse agréable au pastel sec de cette jeune fille s’est transformée en un portrait lourd, d’un académisme froid, raide et artificiel que je n’aime plus du tout, que je n’exposerai jamais.

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Ainsi cette femme mystérieuse dont la sensualité m’inspirait, dont le contraste entre le visage dur et les formes pleines était si inhabituel, est devenue, lorsque je l’ai « terminée », trop lisse, façon poupée gonflable, le corps prenant trop de place et faisant oublier l’étrangeté du visage.

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Alors ne vaut-il pas mieux parfois ne pas terminer ? Laisser agir le charme de l’inachevé ?
Mais peut-on se contenter d’une œuvre non terminée ? Où est la ligne à ne pas franchir ? Comment ne pas attirer des commentaires désobligeants au cours d’une exposition, du genre « Il n’est même pas fini, ce tableau ! »

Et c’est là qu’on rencontre ses limites quand on est comme moi un simple peintre amateur. D’ailleurs, un de mes profs disait : « Le vrai peintre, c’est celui qui sait s’arrêter, celui qui sait quand c’est fini. » Bouh !!!!!! Moi je ne sais pas toujours…ou plutôt je ne sais toujours pas, hélas !

Aussi, j’essaie désormais d’éviter de tout bouziller en voulant trop bien faire. Alors délibérément, quand c’est possible, je ne « finis » pas.

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Ou encore, je m’attache au seul portrait, limitant mes ambitions, pour avoir le temps de terminer devant le modèle.
Comme ça :

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Mais c’est parfois frustrant…



Commentaires

Bonjour chère Amande,
Je n'ai pas grand chose de pertinent à dire, sinon que si vous prenez la peine de nourrir votre blog nous, qui en profitons (merci) nous pouvons aussi prendre le temps de vous répondre.
Quand a-t-on fini? je ne résiste pas à vous citer quelques lignes de Rôle de plaisance (J.Perret):"En général, chacun se dit paré quand il est fatigué de prévoir. Tel capitaine ayant vérifié la présence du compas dans l'habitacle pourra se dire paré, même s'il aoublié son cure-pipe, et inversement."
Votre dessin à la plume de nus assis me plaisent toujours bien, dans mon entrée...
Amitiés

Écrit par : François | 23/01/2009

Heureusement qu'ils vous plaisent toujours bien, cher François ! Ce serait dommage que vous en soyiez déjà lassé !
Merci pour votre passage amical. Je me demandais ce que vous deveniez ! ;-)

Écrit par : Amande | 24/01/2009

mais quand l'essentiel est déjà là... c'est lecas.l'expression est belle très belle et le non dit laisse place à notre imaginaire

Écrit par : barbad | 09/08/2009

En effet je viens de lire que le non-dit ...te disait beaucoup.
Et c'est vrai qu'il faut laisser la place à l'imagination du "lecteur" de l'image. Le difficile, c'est toujours de savoir s'arrêter au bon moment.

Écrit par : Amande | 09/08/2009

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