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11/02/2008

Le projet (1)

Il y a deux ans j’ai commencé à penser à ce projet.
Un projet bien modeste : une série de trois toiles sur le même thème.

Je ne vous dirais rien de ce thème, je veux garder le mystère, car lorsque j’exposerai le résultat de ce challenge, je veux que ce soit une surprise complète. Or, j’ai des amis qui viennent de temps à autre faire un tour sur ce blog (merci à eux).

Mais exactement comme il y a loin de la coupe aux lèvres, de l’idée en germe à sa réalisation il y a tout un cheminement pour l’aboutissement d’un tel projet.

C’est un travail très différent de celui du portrait devant modèle vivant, pour lequel je suis immédiatement dans la réalisation.

Le portrait en atelier « modèle vivant »
J’apporte une toile dans le dessein de faire un portrait, et ce travail-là doit être exécuté en deux heures et demie : j’ai le sujet devant moi et je copie ce que je vois.

Je vois une personne immobile qui attend de moi que je profite de cette immobilité pour donner mon interprétation des traits de son visage.
Le résultat doit être un tableau, une peinture, une œuvre d’art, quoi !
Il doit être intéressant, agréable à l’oeil, et la ressemblance, cerise sur le gâteau, est souhaitable, tout de même !

Je fais d’abord un dessin succinct mais précis qui me servira de base de travail.
Puis j’ôte mes lunettes.
Pourquoi ? parce que je suis myope, et que quand je n’ai pas mes lunettes je ne vois pas les détails du sujet. Alors je pose en toute liberté sur le dessin préparatoire les taches de couleurs que je vois sur ce visage, sur ce corps. J’obtiens ainsi, après le canevas du trait, le canevas des volumes.
Ensuite je remets mes lunettes et je reconstruis en un tout ce puzzle de couleurs. C’est alors que commence la vraie bagarre avec le portrait. Le modèle commence à fatiguer, ses traits s’affaissent, il bouge un peu, imperceptiblement (ou quelquefois davantage …), les lumières changent de place sur son front, ses pommettes, ses joues. Et j’essaie de capter au passage celles qui accentueront les caractéristiques de ce visage, qui révèleront le muscle sous la peau, le rictus léger et habituel, le mystère du regard, et avec un peu de chance le sourire qui naît parfois sur ces traits théoriquement figés…

http://amande-douce.blogspirit.com/archive/2006/03/08/le-...

C’est un moment délicat que j’adore. Il reste une demi-heure de pose, vingt minutes, dix minutes…le temps s’accélère, et c’est là que la magie opère ou que je me plante. C’est là que tout est prêt, posé, en place, et que les quelques dernières touches vont donner vie au portrait ou le détruire lamentablement.
Je ne suis pas stressée, je suis hyper concentrée. Autour de moi les autres peintres commencent à s’agiter, à ranger leurs affaires, à bavarder à mi-voix en nettoyant leurs pinceaux. Moi je travaille jusqu’à la « dernière minute » annoncée par le « chef » d’atelier.
La dernière minute : la plus dure pour le modèle, et la plus difficile pour moi car les jeux sont faits…

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Mais lorsqu’il s’agit d’un projet personnel, sans modèle vivant, c’est tellement plus long !
Deux ans que je pense à ça, que je collectionne les éléments à rassembler, que j’ébauche des compositions sur le carnet de croquis.
Deux ans que j’hésite à me lancer dans la réalisation, que je me trouve de bonne raisons de ne pas commencer, parce que « je n’aurai pas le temps », ou parce que « je ne me sens pas prête »

Et là j’ai commencé, je me suis jetée à l’eau. Trois toiles 20 F, trois groupes de personnages, trois ambiances, un fil conducteur… et une échéance : l’expo de fin février…

Je vous en dis plus la prochaine fois, promis !