15.10.2006
Modernité
Je fais souvent mes courses dans les supermarchés du coin. Ce sont de grandes surfaces, mais elles restent relativement humaines dans leurs dimensions. Je connais bien leur géographie, et je perds le moins de temps possible à faire mes emplettes car je sais où je vais trouver quoi.
Mais vendredi j’ai dû aller, de l’autre côté de la ville, dans un Hyper que je ne fréquente pas et où je n’avais pas été depuis longtemps.
J’ai eu l’impression de plonger dans un monde gargantuesque. Des rayonnages de bouffe à n’en plus finir. Il y en avait, il y en avait !… des tonnes de produits de toutes marques, de toutes sortes, jusqu’à l’écoeurement. Je me demande comment ils arrivent à écouler toutes ces victuailles emballées, normalisées.
C’est vrai qu’il y avait du monde. Des quantités de gens qui, eux, avaient l’air de savoir exactement ce qu’ils faisaient là, ce qu’ils allaient y trouver, et où ils allaient le trouver.
Je n’avais besoin que d’un renseignement sur un appareil électronique qu’on m’avait dit pouvoir trouver là, mais qui ne se fait plus depuis longtemps…je retarde…
J’ai donc voulu aller voir un peu du côté des vêtements, histoire de n’être pas venue pour rien. Un petit pull, un pantalon sympa ou des chaussettes rigolotes ?… Ben non. Rien. Des montagnes de fringues toutes plus tartes les unes que les autres, des tissus de mauvaise qualité, des laines rêches ou au contact savonneux, déjà informes avant même d’avoir servi.
Pas de bleu tendre ou lumineux, pas de vert canard ou de rouge framboise, pas de rose tyrien ni de turquoise, pas de roux automnal, de tweed anglais, de kilt écossais…Pas d’imprimé léopard, de panthère, de zèbre, de tigre ou de ceintures de lézard vert…
Balmain
Des couleurs ternes, tristounettes : du gris souris malade, du vert mousse pourrie, du bleu indécis et dépressif, du marron marronnasse…A en avoir le cafard définitivement.
Même les jeans étaient minables, et les chaussettes uniformément beige ou noires.
Castelbajac
J’ai tourné les talons, il fallait que je sorte. Je ne suis pas agoraphobe du tout, mais là j’étais au bord du malaise. J’ai fui ce monde où tout s’uniformise et s’attriste, ou des zombies couleur passe-muraille poussent droit devant eux leurs caddies à roulettes sur des kilomètres, et les remplissent au passage de gadgets « vus à la télé », , de DVD de films d’horreur, de bouffe surgelée, de boissons en canettes, de fringues calibrées et grisâtres ou de maillots bleus avec dans le dos de grands numéros et un nom qui n’est pas le leur, mais celui d’une de ces idoles du stade qui deviennent milliardaires en tapant dans un ballon devant des foules hurlantes…
Castelbajac
Et je suis rentrée vite fait chez moi, près de mon homme, dans notre petite île déserte où les oiseaux chantent, et ou m’attendent mes arbres, mes fleurs, mes chiens, et mon petit chat Lulu.
18:35 Publié dans En aparté... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note









Commentaires
et tu as encore la chance d'avoir un homme aupres duquel tu te sens bien! comment cela doit-il être pour toutes celles qui n'ont pas cela?
Je leur souhaite la force de continuer quand même!
Ecrit par : chen | 17.10.2006
Et encore, le samedi c'est pire !
;-)))
Petit bonsoir en passant
Ecrit par : Laurence | 18.10.2006
....et tes couleurs qui égayent...sourire doux....
Ecrit par : vi | 19.10.2006
Bonsoir Amande,
Quelle triste réalité qui s'offre à nos yeux de nos jours. Si tout le monde analysait les choses qui nous entourent lorsque nous faisons nos courses, ou lorsque nous faisons les magasins, les gens s'apercevraient que nous sommes entourés de tristesse, tant dans les couleurs que les formes. Mais la vie au rythme accélérée de tous les jours fait que certains ne s'aperçoivent de rien. Je me demande aussi comment ils vendent leurs stock d'habits!!! lorsque je me promène, rien ne me tente, rien n'attire mon regard, du coup ma bourse reste fermée. Cet hiver, la mode n'est pas jolie, j'ai comme l'impression de chaque année, la qualité, la beauté, l'éclat baissent. Soit nous sommes trop agées pour cette soit disant mode, soit nous avons mauvais goût hiii mais cela j'en doute, il n'y a qu'à regarder la population et voir comment le monde s'habille pour voir la catastrophe du vestimentaire.
Ecrit par : Ghislaine | 21.10.2006
Tout à fait d'accord avec toi, Gigi !
Ecrit par : amande | 21.10.2006
Si notre petite Amande Douce désirait vraiment fuir tout ce déballage de produits de consommation peut-être qu'elle pourrait venir faire un petit séjour à Saint Laurent du Maroni.......
BisouXXXX DouXXXXX
Ecrit par : Séverine | 22.10.2006
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