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26/04/2006

Brèves (ou pas…) de super-marché

J’arrive au super-marché. Un jeune homme boutonneux avec de grosses lunettes se précipite vers moi.
« Vous avez la carte fidélité, Madame ?
- Oui, Monsieur.
- Alors, tentez votre chance, vous pouvez gagner jusqu’à 40 euros à notre borne des gagnants !
- Oh, moi je ne gagne jamais.
- Essayez, Madame, cela ne coûte rien ! »

medium_schieleautoportraitpenche.jpg

(Egon Schiele)
J’essaye, sans conviction, et, évidemment, j’ai droit à l’habituel « perdu ! »
« Vous voyez bien !
- Avez-vous la carte passe-passe ?
- Oui.
- Alors vous avez une deuxième chance !!! »
Il est content. Il a tellement l’air d’avoir envie que je gagne, ce pauvre garçon, que je fouille dans mon sac et extirpe la fameuse carte. Il me la prend des mains et, fiévreusement, la passe dans la borne de la chance. « perdu ! »
« Vous voyez bien, je ne gagne jamais rien ! »
Il est embêté, le monsieur.
Autour de nous, les gens rigolent, mais ils veulent tenter leur chance. Eux ils gagnent quelquefois.
Moi, non.

En plus, il suffit que je choisisse une caisse pour qu’il se passe quelque chose. Vous savez, comme dans le vieux sketch des inconnus « ça ne passe pas ! ».
La caisse-enregistreuse coince.
La vieille dame a oublié son code et son chien.
La caissière est débutante et elle appelle la caisse centrale : « Corinne, comment on fait pour les bons de réduction des sauces grand-mère ? J’y arrive pas… »
Le pull-over a perdu son code-barre.
Le monsieur a oublié de peser ses bananes.
J’en passe et des meilleures.

Quelquefois ça m’énerve, mais quelquefois c’est drôle.
Ce jour-là, il n’y a pas beaucoup de monde. A la caisse spéciale carte passe-passe, une dame a presque fini de payer, il y a juste un jeune homme avant moi, et il n’a qu’un article. Pour une fois, je ne vais pas trop attendre.
Je trouve quand même bizarre que ce garçon, à peine majeur apparemment, ait la carte passe-passe. Mais bon, c’est peut-être celle de sa mère. Sans plus me poser de questions, je commence à déposer mes achats sur le tapis roulant.
Ce faisant, je vois que le garçon prend deux des panonceaux « client suivant » qui séparent le futur tien du bientôt mien, et les pose de chaque côté de son emplette, de façon à la masquer le plus possible. Je comprends pourquoi quand la vendeuse attrape la petite boite en question pour la passer devant le scanner : c’est une boîte de préservatifs.
Je souris intérieurement.
D’un air faussement décontracté, il engloutit son paquet dans un sac plastique et tend un billet de cinq euros.
A ce moment, la caissière prend un air catastrophé et devient très rouge, puis très verte : « Vous n’avez pas la carte passe-passe ? c’est une caisse passe-passe, je ne peux pas prendre d’espèces ! »
Non, il ne l’a pas. Il devient très vert, puis très rouge.
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(Egon Schiele)
Elle décroche fébrilement son téléphone de caisse.
« Corinne, j’avais pas vu que c’était une caisse passe-passe, le monsieur n’a pas la carte, il paie avec des espèces…comment je fais ? En plus, la cliente précédente a fait un chèque…comment je fais ? »
Corinne arrive et le calvaire du garçon continue. Il doit ressortir du sac sa boîte de préservatifs pour que Corinne la repasse devant le scanner. Elle la lui rend, mais lui explique qu’il va falloir qu’il vienne avec elle à une autre caisse pour pouvoir payer en espèces. Le malheureux ne sait plus où se mettre, il essaie de prendre un air dégagé, oui madame, je comprends, j’aurais pas dû, il y a des jours où il vaudrait mieux rester couché, moi qui voulais éviter le regard de la pharmacienne près de chez moi…

Sortez couvert, facile à dire !

22:05 Publié dans En aparté... | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : peinture

24/04/2006

Toxic-blog

J’ai toujours eu du plaisir à me trouver devant un clavier et à jouer avec l’ordi.
Depuis 5 ans nous sommes connectés à internet, mais mon mari est devenu accro, et je ne pouvais pas beaucoup surfer, car il me disait que c’était sa seule distraction, alors que moi j’ai ma peinture et mon dessin. Je protestais bien un peu pour la forme, mais au fond je pensais qu’il avait raison.

J’avais quelques correspondantes et quelquefois je me levais la nuit pour pouvoir disposer de l’ordinateur pour leur répondre. Ou bien je profitais des rares absences de mon mari.

Mais depuis janvier 2006 nous avons un 2ème ordinateur et partageons la connexion. Au début je me suis contentée d’ouvrir ma messagerie plus souvent et de visiter des sites de peintres célèbres.
Balthus

medium_alafenetre.jpg

Bonnard
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Et puis j’avais depuis longtemps envie de créer un site pour publier mes œuvres picturales, alors j’ai commencé par créer ma page perso. Quel bonheur pour l’ego ! Et puis j’espérais recevoir des messages d’autres peintres amateurs ou non, j’imaginais que j’allais avoir du travail à répondre à tout le monde… Enfin, je rêvais, quoi. Car à part mes copains et copines qui m’envoyaient un petit coucou après la visite, rien…ou presque.

Alors je me suis intéressée à un forum d’art sur lequel j’ai diffusé l’adresse de mon site. D’autres le faisaient, j’allais voir leur http://mapeintureamoi.com et je leur donnais courtoisement mon avis, les félicitant s’ils le méritaient à mes yeux (car je suis polie, mais je ne peux pas féliciter quelqu’un si je n’aime pas ses œuvres : dans ce cas, je ne dis rien…).
Bien sûr, la plupart du temps ils venaient visiter poliment mes petites pages et me retournaient le compliment, mais cela s’arrêtait là.
Or, moi, ce que je cherchais, c’était un échange réel, de points de vue, de réflexions, de confidences d’artiste. Un contact social, quoi. Echec à peu près total.

Et puis je ne sais plus qui m’a conseillé de créer un blog. Je ne connaissais pas bien ce genre de sites. J’ai commencé à explorer, à visiter des trucblog, des blogsuper, des machinblog. Et puis j’ai eu, par mon forum, une adresse de blog dans blogspirit. La mise en page m’a séduite. Et je me suis lancée. J’ai trouvé cela super simple à utitliser, et la grande aventure a commencé.
Et j’ai eu tout de suite des échanges agréables avec d’autres bloggeurs.

Comme on dit maintenant : c’est génial !

Seulement voilà.

Je suis devenue accro à mon tour.

L’ordinateur m’attire comme un aimant. J’ai de moins en moins envie de faire le ménage et le jardin. Pire :je suis obligée de me gendarmer pour aller dans mon atelier travailler. Je tente de me discipliner dans la journée, résultat, le soir je reste de plus en plus tard. Je fais le tour de mes blogs favoris. Je fais le tour des favoris de mes favoris. Je vais visiter les communautés, j’écoute les musiques et les fais écouter à mon homme, je visionne les albums, j’écris des commentaires, j’en reçois… J’attrape même des virus…

Je m’amuse énormément, mais il va falloir que je me restreigne un peu, sinon je n’aurai bientôt plus de nouveautés à mettre en ligne parce que je ne peindrai plus… Et bientôt mon blog « Passion-Peinture » va devenir « Les avatars d’une intoxiquée du blog ».

Mais non, je rigole !

21/04/2006

La vigne et le vin : premier chapitre

Pour la quatrième année, je vais participer à une exposition de rue dans une petite ville de ma région.
Une toile de 1m x 1,50m est fournie par la ville à chaque artiste et reste sa propriété après l’exposition.
Le thème est toujours le même : la vigne et le vin.
Les toiles, que les artistes au nombre d’une quarantaine s’engagent à livrer à la date prévue, sont accrochées aux façades des maisons pendant tout l’été. C’est original et sympathique. On ne gagne rien, que quelques bouteilles de…vin, et beaucoup de plaisir.

La première année, j’ai peint une ronde de bacchantes vues du ciel. Mes croquis de nus m’ont servi de point de départ.

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La deuxième année, une autre ronde menée par Bacchus, vue de dessous.
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La troisième année, troisième ronde, vue frontale, avec en perspective la vue magnifique que j’ai des fenêtres de mon atelier.
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J’ai fait le tour des bacchantes… et cette année je vais changer de sujet, et je vous tiendrai au courant de la réalisation de ce tableau et des problèmes que ce travail me pose.

Premier épisode : la recherche du sujet.
J’ai décidé que je représenterais des amis autour d’une table qui dégustent le bon vin local. Pas très original, mais tout est dans le traitement de ce sujet, n’est-ce pas ?
J’ai recherché parmi mes croquis ceux qui pourraient m’aider à figurer les attitudes d’une joyeuse tablée, et parmi ma collection de photos de visages (découpées dans des revues au hasard de mes lectures) les expressions qui conviennent.
Et maintenant je suis en train d’élaborer la maquette, ce qui est crucial pour démarrer le tableau. Je travaille sur une feuille à l’échelle de 1/5ème environ.

A suivre…

22:00 Publié dans En chantier | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : peinture

09/04/2006

Vernissage à deux pas du Centre du Monde.

J’ai été invitée au vernissage d’une expo qui avait lieu dans un espace très beau, ouvert tout près de la gare de Perpignan (le Centre du Monde, d'après Salvador Dali) et qui est consacré à l'art contemporain.

Une odeur grasse de pizza flottait dans l'air, car le buffet était déjà prêt. Les serveurs s’agitaient et disposaient les dernières serviettes de papier. J'étais la première, il était très tôt : j’avais deux autres vernissages à "honorer de ma présence". C'est donc seule que j'ai visité les différents espaces encore déserts.

L'artiste à l'honneur, Barbara Eichhorn, avait dessiné au fusain sur de très grandes feuilles de papier (environ 150x100) différentes silhouettes, une sur chaque feuille. Un enfant jouant sur la plage, un homme resserrant sa ceinture, une femme en train de dessiner (elle-même sans doute), quelques ébauches de forêts, etc... Les dessins étaient assez simples, pas très travaillés. Pas non plus très enlevés. Leur seule originalité était d'être très grands.
Voilà. Je dois avouer que j'ai été très déçue.

Je suis retournée ensuite voir sur le net le commentaire que j'avais reçu avec l'invitation. Je ne l'avais pas lu parce que j'aime bien découvrir par moi-même sans être influencée par des articles de presse liminaires qui m'expliquent ce qu'il faut en penser.
Voilà ce qui est dit dans la conclusion de ce commentaire :
"La fresque murale oppose à la massivité de l'espace d'exposition une légèreté voulue, tout en élargissant la perception. L'effet de trompe-l’œil séduit et irrite le spectateur, l'incite à s'approcher comme pour mieux le décevoir ensuite.
Ce jeu déconcertant peut être interprété d'une part comme une remise en question de l'autonomie du dessin au 21 ième siècle, d'autre part comme l'étude d'un aspect spécifique de la pathologie sociale."



Donc j’en conclus que l'artiste aurait été contente que je sois déçue...
Mais si j’avais lu ce commentaire avant de venir, je n’aurais pas été surprise, donc pas vraiment déçue. Je suppose que l’amateur averti d’Art Contemporain comprend tout de suite le propos de l’artiste, donc il ne peut pas être déçu non plus, mais au contraire très satisfait de penser que le spectateur non initié sera, lui, déçu…Oh la la, ça m’embrouille, je me prends la tête, et je ne sais plus si l’artiste veut décevoir tout le monde ou seulement les nigauds comme moi…

J'avoue de plus que je reste dubitative en ce qui concerne "l'effet de trompe l’œil", il ne suffit pas qu'un dessin soit grand pour tromper l'oeil. En ce qui concerne l'autonomie du dessin au 21 ième siècle, je ne comprends pas ce que cela veut dire. Et je voudrais bien savoir aussi de quel aspect spécifique de la pathologie sociale il s'agit ?????????

Eh bien voilà, l’art contemporain ça me rend toujours perplexe, et je me sens souvent flouée.

A part cela, j'ai revu le fonds des oeuvres qui restent dans cette fondation. Des haricots de Viallat peints sur des toiles de bâches diverses. Je commence à les connaître à fond, les haricots de Viallat. Je saurais sûrement m'en fabriquer un petit faux, un de ces jours, si j'aimais ça....Quelques élucubrations de Ben Vauthier écrites en blanc sur fond noir ( ah non, c'est vrai, il y en a un en couleurs "art is easy, don't stop..."). Et puis quelques autres dont je ne me souviens plus du nom parce qu'ils sont moins connus de la béotienne que je suis...

Mais finalement, c'était quand même bien, cette visite dans le calme qui précède la foule des vernissages, parce que le lieu est très beau. C'est un ancien bâtiment industriel, et il y a des charpentes de bois admirables qui ont été très bien conservées et mises en valeur. J’ai toujours plaisir à les revoir, elles… Elles témoignent d’un savoir-faire ancestral qui me rassérène. Là, les arbres n’ont pas été sacrifiés pour rien.

03/04/2006

La peinture à l’huile et la peinture acrylique

On me demande pourquoi je peins à l’huile et non à l’acrylique.
J’ai essayé, mais cela ne p’a pas plu.

D’abord, ayant déjà pratiqué plusieurs années la peinture à l’huile, je ne retrouvais pas « mes » couleurs. Les mélanges donnaient des résultats différents de ceux auxquels je m’attendais. J’obtenais des couleurs boueuses ou pétard, je m’agaçais, perdais du temps, gâchais la peinture ( et elle n’est pas donnée)… bref, j’ai remisé mes acryliques au placard vite fait et retrouvé avec bonheur mes tubes de Winton, de Rembrandt, de Lefranc.

Et il n’y avait pas que les problèmes de couleur, car j’aurais pu persévérer et me créer ma palette à force d’essais et d’expériences. Mais la texture me déplaisait aussi. L’acrylique, je trouve ça plat, sec, sans chair. Au séchage les couleurs changent. La peinture acrylique a une transparence déroutante : avec l’huile, je peux aller de l’opaque au transparent à mon gré, je fais ce que je veux. Je posais une lumière sur un front ou une pommette, et cinq minutes après cette touche avait perdu toute luminosité, toute émotion. Il fallait y revenir sans cesse, sans cesse surcharger, et j’étais toujours déçue de ne pas la retrouver au bout de cinq minutes…


Et puis encore, j’aime travailler sur une peinture mouillée, l’étirer ou la détourner en la « patouillant ». Le grand mot est lâché : j’aime patouiller dans ma peinture grasse, y revenir comme j’en ai envie, même un quart d’heure après. Avec l’acrylique, pas moyen, c’est déjà sec, on ne peut que superposer, j’ai l’impression que la peinture m’échappe, qu’elle me refuse. Ma peinture à l’huile est toujours accueillante, complice, moelleuse.

La peinture à l’huile est sensuelle, vivante, souple. On peut la reprendre le lendemain, encore humide, et fondre entre elles les touches trop dures, estomper, faire des frottis…

Et l’odeur ? me dit-on. Je travaille uniquement avec du white-spirit désodorisé. Je n’utilise l’huile et les médiums de séchage rapide qu’en finitions. J’ai abandonné la térébenthine car certains de mes compagnons d’atelier font des allergies ou supportent mal l’odeur en milieu confiné… elle ne me manque pas.

18:10 Publié dans Arts Plastiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : peinture